Publié le 6 février 2026 à 04h19. L’expiration du traité New START, dernier accord majeur de contrôle des armements entre les États-Unis et la Russie, ouvre la voie à une nouvelle course aux armements, tandis que l’administration américaine souhaite impliquer la Chine dans de futures négociations, une perspective que Pékin rejette.
- L’ancien président américain Donald Trump a qualifié le traité New START de « mal négocié » et a annoncé qu’il ne se considérait plus lié par ses limites.
- La Russie avait déjà suspendu les inspections prévues par le traité, fragilisant la confiance entre les deux puissances nucléaires.
- Les experts craignent une ère de concurrence nucléaire sans contrainte, d’autant plus que la Chine développe rapidement son arsenal.
L’expiration du traité New START, survenue quelques heures après une discrétion notable de la part de Donald Trump concernant sa prolongation, marque un tournant dans le domaine du contrôle des armements. Le traité, signé initialement par Barack Obama et prolongé par Joe Biden, fixait des limites au nombre d’ogives nucléaires déployées par les États-Unis et la Russie. Trump a estimé, via sa plateforme Truth Social, qu’il avait été « grossièrement violé » et qu’il était temps de travailler à un nouvel accord « amélioré et modernisé ».
Interrogée sur la possibilité d’un maintien des termes du traité pendant les négociations, Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a répondu négativement. La Russie avait déjà cessé de coopérer pleinement, refusant les inspections prévues par le traité, en raison de la détérioration des relations avec l’administration Biden.
L’administration américaine insiste pour qu’un futur accord inclue la Chine, dont l’arsenal nucléaire, bien que plus petit que celui des États-Unis et de la Russie (environ 600 ogives contre 1 500 pour chacun), connaît une croissance rapide – environ 100 nouvelles ogives par an depuis 2023, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm. Pékin, cependant, refuse pour l’instant de participer à de telles négociations, arguant que ses capacités nucléaires sont d’une « ampleur totalement différente » de celles des deux grandes puissances.
Cette situation inquiète vivement la communauté internationale. Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a souligné que les traités nucléaires entre les États-Unis et la Russie se trouvaient à un « moment grave », rappelant que le risque d’utilisation d’une arme nucléaire est le plus élevé depuis des décennies, notamment suite aux allusions russes à l’utilisation d’armes nucléaires tactiques pendant la guerre en Ukraine.
Un groupe d’anciens responsables du contrôle des armements a appelé les États-Unis et la Russie à maintenir les limites du New START, au moins temporairement, afin de « réduire la stabilité et la prévisibilité nucléaires » et d’éviter une « nouvelle ère de concurrence nucléaire effrénée ». L’OTAN, par la voix d’un responsable souhaitant rester anonyme, a appelé à la « retenue et à la responsabilité », condamnant la « rhétorique nucléaire irresponsable de la Russie » et assurant qu’elle prendrait les mesures nécessaires pour assurer sa défense.
Malgré cette impasse sur le New START, Donald Trump a récemment relancé la diplomatie avec la Russie, invitant même le président Vladimir Poutine à se rendre en Alaska en août dernier.
Daryl Kimball, directeur exécutif de l’Arms Control Association, estime que l’engagement de la Chine est crucial, mais souligne que rien n’indique que l’administration Trump ait pris des initiatives concrètes pour entamer des négociations sur la réduction des risques ou le contrôle des armements avec Pékin depuis son retour au pouvoir en 2025.