Les États-Unis espèrent parvenir à une résolution du conflit en Ukraine d’ici juin et ont proposé d’accueillir des négociations directes entre Kyiv et Moscou en Floride la semaine prochaine, a révélé le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Malgré une intensification des efforts diplomatiques américains, les divergences persistent notamment sur le statut des territoires occupés, la Russie réclamant le contrôle total de la région de Donetsk.
Selon Zelensky, Washington a proposé que les équipes de négociation ukrainienne et russe se rencontrent à Miami dès la semaine prochaine. « Ils disent qu’ils veulent tout régler d’ici juin », a-t-il déclaré aux journalistes samedi matin. Les États-Unis ont déjà facilité deux cycles de pourparlers à Abou Dhabi depuis janvier, aboutissant à un échange important de prisonniers, mais sans avancée significative sur la question territoriale.
Kyiv s’oppose fermement à toute cession de territoire à la Russie, craignant que cela n’encourage de nouvelles agressions. « Céder du terrain enhardira Moscou et nous ne signerons pas d’accord qui ne dissuaderait pas la Russie d’envahir à nouveau », a affirmé Zelensky. L’Ukraine a proposé un gel des hostilités le long des lignes de front actuelles, une proposition rejetée par Moscou.
Washington pousse actuellement Kyiv à envisager la transformation des territoires ukrainiens contrôlés dans la région de Donetsk en une « zone économique libre », sans contrôle militaire de l’une ou l’autre partie. Zelensky a toutefois souligné la nécessité de « règles justes et fiables » pour une telle zone. Les discussions concernant le contrôle de la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée par les forces russes depuis le début du conflit, restent également bloquées.
« Même si nous parvenons à la création d’une zone économique libre, nous aurons besoin de règles justes et fiables », a insisté Zelensky. Il a également averti que l’Ukraine ne tolérerait pas que des accords soient conclus entre la Russie et les États-Unis sans sa participation.
Parallèlement aux négociations, la Russie continue de mener des frappes aériennes sur l’Ukraine, perturbant l’approvisionnement en chauffage et en électricité de millions de personnes. Les attaques de samedi ont contraint les trois centrales nucléaires ukrainiennes en activité à réduire leur production, suscitant des inquiétudes quant à un possible incident nucléaire. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiga, a dénoncé un « risque direct d’incident nucléaire », tandis que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a appelé à la « retenue ».
Moscou, qui nie cibler les civils, a accusé l’Ukraine d’être responsable d’une attaque à Moscou qui a blessé un haut responsable du renseignement militaire. Kyiv n’a pas encore commenté cet incident. L’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, présentée par Moscou comme une « opération militaire spéciale » visant à contrer l’expansion de l’OTAN, a entraîné une destruction massive et le déplacement de millions de personnes.