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TÜSİAD a rompu le silence : nous ne pouvons pas compter sur la politique monétaire

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Publié le 2024-05-16 10:27:00. L’Association des industriels et hommes d’affaires turcs (TÜSİAD) a appelé à une approche multifacette pour maîtriser l’inflation, soulignant que la discipline budgétaire et les réformes structurelles sont aussi cruciales que la politique monétaire. Le président Orhan Turan a insisté sur l’importance de maintenir l’inflation à un chiffre pour la stabilité macroéconomique.

  • La réduction de l’inflation, bien qu’un succès, ne doit pas occulter la nécessité de politiques structurelles pour une stabilité durable.
  • L’industrie turque est entrée dans une phase de reprise, tirée notamment par le secteur de la défense, mais doit rester vigilante face aux aléas de l’économie mondiale.
  • Le renforcement des liens avec l’Union européenne est considéré comme un pilier essentiel de la compétitivité future de la Turquie.

Lors du 17ème Congrès de la concurrence organisé par la Fédération des associations sectorielles (SEDEFED) au Centre Sabancı, Orhan Turan, président de la TÜSİAD, a rappelé que la stabilité macroéconomique est le socle d’une réussite économique pérenne. « Dans un environnement où l’incertitude dans le système mondial s’est tellement accrue et où il est devenu si difficile de prédire l’avenir, la stabilité macroéconomique devient encore plus importante », a-t-il déclaré. Selon lui, le principal levier de cette stabilité réside dans la capacité à maintenir l’inflation à des niveaux bas, un objectif prioritaire pour la Turquie.

Les industriels turcs ont lourdement ressenti les effets de la lutte contre l’inflation ces deux dernières années, confrontés à des coûts de financement élevés et à un ralentissement de la demande. « Sans aucun doute, la diminution de l’inflation de 75 % à 30 % est une réalisation importante », a reconnu Orhan Turan, tout en soulignant que le chemin à parcourir reste semé d’embûches. Des facteurs tels que les prix de l’énergie, les aléas agricoles et les pressions sur les prix dans le secteur des services freinent une baisse plus rapide de l’indice des prix. La TÜSİAD estime qu’il sera difficile de poursuivre la tendance baissière de l’inflation dans les perspectives actuelles.

« Nous savons que même si une politique monétaire correcte constitue le facteur déterminant le plus important dans la lutte contre l’inflation, elle n’est pas le seul. Nous ne pouvons pas compter uniquement sur la politique monétaire pour parvenir à une stabilité durable des prix. Nous devons également prendre des mesures dans les domaines structurels. Le principal d’entre eux est la discipline financière. »

Orhan Turan, Président de la TÜSİAD

Le président de la TÜSİAD a plaidé pour une approche combinant politique monétaire et fiscale, soutenue par des réformes structurelles. Il a salué l’évolution vers une discipline budgétaire plus marquée depuis l’été dernier, mais a insisté sur la nécessité de maintenir cet effort. Parallèlement, la Turquie est entrée dans une phase de reprise industrielle. Cette dynamique est en partie portée par le secteur de la défense, mais la TÜSİAD appelle à la prudence face aux évolutions de l’économie mondiale. Une conjoncture extérieure favorable pourrait s’inverser, nécessitant une préparation adéquate.

Les perspectives d’une reprise de la demande en Europe, principal partenaire commercial de la Turquie, ainsi qu’un euro fort face au dollar, devraient soutenir les exportateurs et offrir un répit aux industriels. La baisse des coûts de financement, l’un des facteurs clés de la compétitivité, est également attendue, tout comme le maintien de prix de l’énergie à des niveaux bas, grâce aux biens intermédiaires et à un avantage comparatif par rapport aux pays concurrents. L’indice de compétitivité basé sur les coûts de la TÜSİAD confirme ces tendances.

« Quel que soit l’équilibre mondial des pouvoirs, quels que soient les changements apportés par les nouvelles technologies, quelle que soit l’importance des intrants en termes de processus de production, ce que les pays doivent faire pour maintenir leur développement et leur avantage compétitif mondial à un niveau élevé reste le même. »

Orhan Turan, Président de la TÜSİAD

Au-delà des facteurs économiques conjoncturels, Orhan Turan a rappelé l’importance des institutions, de l’innovation, du développement technologique, ainsi que d’un environnement culturel propice à la concurrence équitable pour maintenir l’avantage compétitif d’un pays. Il a souligné le rôle crucial d’un système éducatif adapté aux exigences de l’économie moderne pour former des ressources humaines qualifiées.

La relation avec l’Union européenne a été mise en avant comme un élément déterminant pour la compétitivité future de la Turquie. Dans un contexte de demande énergétique croissante, d’urgence climatique, d’accélération des technologies numériques et de compétition mondiale pour les ressources critiques, les liens entre la Turquie et l’UE prennent une dimension accrue. La Turquie doit analyser les stratégies de l’UE en matière de compétitivité, à l’instar du rapport Draghi, pour redéfinir sa propre stratégie sectorielle.

La TÜSİAD réitère son appel à la modernisation de l’union douanière entre la Turquie et l’UE, un chantier jugé bénéfique pour les deux parties et pour la compétitivité à long terme. « Les conditions mondiales imposent d’agir rapidement », a insisté Orhan Turan. L’économie mondiale en mutation offre des opportunités à des pays comme la Turquie, à condition de savoir saisir les défis. Grâce à sa position géographique, ses infrastructures, sa structure sectorielle et la résilience de son secteur privé, la Turquie est idéalement positionnée pour devenir un acteur majeur de l’économie mondiale de demain, à condition de prendre les mesures nécessaires en temps opportun.

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