Publié le 5 octobre 2025 à 1h28. L’Union européenne va renforcer son financement pour la lutte contre les drones, tandis que l’Allemagne projette la création d’un centre de recherche dédié à cette menace. Ces annonces interviennent dans un contexte d’inquiétude croissante face aux incursions d’engins non identifiés dans l’espace aérien européen.
- L’UE débloque 250 millions d’euros supplémentaires pour la défense contre les drones.
- L’Allemagne envisage de créer un centre commun de recherche et développement sur les drones.
- La menace des drones est désormais perçue comme une forme de « guerre hybride » touchant le cœur de l’Europe.
Lors d’un sommet ministériel sur la migration organisé à Munich, le commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, Magnus Brunner, a annoncé une augmentation significative des fonds alloués à la protection contre les drones. Frontex, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, dispose déjà de 150 millions d’euros pour cet objectif. À cette somme s’ajouteront 250 millions d’euros supplémentaires, issus du fonds de protection des frontières, spécifiquement destinés à la lutte anti-drones, y compris la sécurisation des aéroports.
Magnus Brunner a souligné l’évolution de la menace, évoquant une « guerre hybride » et des attaques ne se limitant plus aux frontières extérieures de l’UE, mais atteignant désormais « le cœur de l’Europe ». Ces déclarations font suite à des incidents récents où des drones étrangers ont survolé l’espace aérien de plusieurs États membres, perturbant notamment les opérations aéroportuaires.
En réponse à cette situation, le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, hôte du sommet, a annoncé l’intention de l’Allemagne de mettre en place un centre de défense commun contre les drones. Ce projet inclut la création d’une unité dédiée au développement et à la recherche sur ces appareils. L’Allemagne souhaite pour cela collaborer avec Israël, l’Ukraine, ainsi qu’avec d’autres pays européens et la Commission européenne.
Alexander Dobrindt a toutefois tenu à nuancer l’appréhension générale, rappelant que « tous les drones ne sont pas une menace ». Il a précisé que si certains drones, même contrôlés par des puissances étrangères, peuvent être des provocations ciblées, ils ne représentent pas toujours un danger immédiat.
De gauche à droite : Magnus Brunner, commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration ; Johan Forssell, ministre suédois de la Migration ; Daniela Ludwig, secrétaire d’État parlementaire allemande ; Marcin Kierwiński, ministre polonais de l’Intérieur ; Alexander Dobrindt, ministre allemand de l’Intérieur ; Nicole de Moor, ministre belge de l’Asile et de la Migration ; Rasmus Stoklund, ministre danois de l’Immigration et de l’Intégration ; Tomasz Siemoniak, ministre polonais et coordinateur des services spéciaux ; et Hanspeter Jäggi, chef du Département fédéral de justice et police suisse. (Source : TASR / AP)Au cours du même sommet, Alexander Dobrindt a également abordé la question complexe de la gestion des migrants ne pouvant être renvoyés dans leur pays d’origine. Il a admis l’existence d' »obstacles juridiques » à l’intégration de ces personnes, soulignant que le processus n’en était qu’à ses débuts et que des « mesures expérimentales » avaient permis d’en identifier plusieurs. Le ministre allemand a également noté des divergences d’opinions entre les États européens sur ce sujet.
L’objectif évoqué est la création de « centres de retour » situés dans des pays tiers, c’est-à-dire en dehors de l’Europe, qui ne seraient pas les pays d’origine des migrants. Ces centres serviraient à accueillir les personnes concernées. Cette initiative nécessiterait une coopération entre les États membres et la Commission européenne, bien que les modalités précises de cette collaboration restent à définir.
Le sommet de Munich a réuni les ministres de l’Intérieur de Pologne, d’Italie, du Luxembourg, de Suisse, du Danemark, de Suède, de Belgique et des Pays-Bas, ainsi que le commissaire européen Magnus Brunner. Le représentant français n’a pas pu assister à la rencontre en raison de la formation en cours du gouvernement à Paris.