Publié le 6 février 2026 à 22h04. L’université Stony Brook lance un nouveau programme axé sur le bien-être financier pour aider ses étudiants à mieux gérer leur argent, réduire leur stress et planifier leur avenir avec sérénité.
- Un atelier en quatre parties aborde les bases du budget, la constitution d’une épargne d’urgence, l’utilisation des cartes de crédit et l’impact des finances sur le bien-être psychologique.
- L’initiative, baptisée « Seawolves Financial Gameplan », privilégie une approche holistique et collaborative, en s’appuyant sur les ressources existantes et l’expérience des étudiants.
- Le programme a rencontré un vif succès, avec une forte demande et des projets d’extension pour toucher un public plus large.
Gérer son budget, épargner, comprendre le crédit… Autant de sujets qui peuvent susciter de l’anxiété chez les étudiants. Consciente de ces difficultés, l’université Stony Brook a mis en place un atelier innovant pour les aider à prendre en main leurs finances et à envisager l’avenir avec plus de confiance.
L’idée est née au sein du Centre de carrière, sous l’impulsion d’Amy Paulino, responsable des stages sur le campus. « Au lieu d’utiliser le terme de littératie financière, qui peut paraître intimidant, nous avons intentionnellement choisi celui de bien-être financier », explique-t-elle. « Le bien-être est une notion à laquelle les étudiants sont sensibles, et le bien-être financier est une composante essentielle de la santé globale. »
Développé en collaboration avec le service d’aide financière et avec le soutien d’étudiants stagiaires issus du Corps des services de l’Empire State – une initiative de la SUNY axée sur la réussite des étudiants et le mentorat par les pairs – le programme, baptisé « Seawolves Financial Gameplan », vise à donner aux étudiants les outils nécessaires pour une gestion financière saine et durable.
L’atelier se décline en quatre sessions. La première est consacrée aux bases du budget, avec des conseils pratiques sur la distinction entre revenu brut et revenu net, les différentes stratégies budgétaires, l’utilisation des cartes de crédit et les outils d’épargne à haut rendement. Les participants sont également informés de l’existence du Fonds d’actions pour les stages, qui offre un soutien financier aux étudiants effectuant des stages ou des recherches non rémunérés.
« Les étudiants ne devraient pas être obligés de choisir entre acquérir une expérience professionnelle et subvenir à leurs besoins essentiels », souligne Amy Paulino, forte de son propre vécu d’étudiante jonglant entre travail et finances.
La deuxième session, intitulée « Emergency Fund Starters » (Démarrage d’un fonds d’urgence), met l’accent sur la nécessité de se constituer une réserve financière pour faire face aux imprévus. « Il ne s’agit pas de savoir si une urgence se présentera, mais quand », insiste Amy Paulino. Elle encourage les étudiants à mettre de côté même de petites sommes régulièrement, car cela peut faire une grande différence à long terme.
La troisième session aborde les principes fondamentaux des cartes de crédit, expliquant comment fonctionne le crédit, pourquoi il est important et comment il peut influencer les projets futurs, tels que l’achat d’une voiture, la location d’un appartement ou l’accès à l’emploi. Il est important de noter que le programme ne fournit pas de conseils financiers personnalisés, mais vise à donner aux étudiants les connaissances nécessaires pour prendre des décisions éclairées.
Enfin, la dernière session, « Money and Mindset » (Argent et état d’esprit), explore les aspects émotionnels et psychologiques des finances. Les sujets abordés incluent les traumatismes financiers, la comparaison sociale et les difficultés rencontrées par les étudiants issus de milieux socio-économiques différents. « C’est souvent la première fois que les étudiants sont entourés de personnes ayant des réalités financières aussi diverses », explique Amy Paulino. « Cela peut être très déstabilisant si personne n’en parle. »
Selon Amy Paulino, l’un des aspects les plus marquants de ces ateliers est la vulnérabilité dont font preuve les participants. En partageant leurs expériences personnelles – notamment en matière de prêts étudiants, de dynamiques familiales autour de l’argent et de leçons apprises – ils créent un espace de confiance où chacun peut s’exprimer librement.
« Les étudiants parlent d’argent comme jamais auparavant. C’est déjà un énorme pas en avant. »
Amy Paulino, responsable des stages au Centre de carrière de Stony Brook
Les retours des étudiants sont très positifs, beaucoup d’entre eux ayant déjà mis en place des changements concrets, comme l’établissement d’un budget ou l’ouverture d’un compte d’épargne d’urgence. Des questionnaires pré et post-atelier permettent de mesurer ces résultats et de suivre l’évolution de la confiance et des connaissances financières des participants.
L’équipe du programme est également attentive aux critiques constructives. Certains étudiants ont souligné que les modèles de budgétisation classiques ne sont pas toujours adaptés à toutes les situations, notamment pour ceux qui n’ont pas de revenus stables. « Ces retours sont précieux », reconnaît Amy Paulino. « Ils nous rappellent que le bien-être financier n’est pas une solution universelle. »
Face à un engouement inattendu, avec plus de 100 étudiants inscrits à chaque atelier, l’université a rapidement étendu l’offre en proposant des sessions virtuelles. Pour améliorer l’accessibilité et l’équité, une plateforme d’apprentissage en ligne Brightspace est en cours de développement, permettant aux étudiants d’accéder aux supports de cours même s’ils ne peuvent pas assister aux sessions en direct. Un site web dédié et une foire aux questions (FAQ) sont également prévus.
En signe de reconnaissance, les étudiants qui auront suivi les quatre ateliers et répondu à tous les questionnaires recevront une cordelette de remise des diplômes, soulignant ainsi l’importance d’une approche à long terme.
« L’objectif n’est pas de dire aux étudiants ce qu’ils doivent faire, mais de leur donner des outils – des outils qu’ils pourront utiliser aujourd’hui ou plus tard – qui correspondent à leurs objectifs et soutiennent leur bien-être général. »
Amy Paulino, responsable des stages au Centre de carrière de Stony Brook
L’atelier sur le bien-être financier sera proposé chaque semestre, afin de permettre à un nombre croissant d’étudiants de développer une relation plus saine et plus éclairée avec l’argent.
-Emily Cappiello