Publié le 2025-10-24 09:43:00. Une convention historique des Nations Unies contre la cybercriminalité sera signée à Hanoï les 25 et 26 octobre. Cet accord, visant à établir un cadre mondial pour lutter contre les menaces numériques, devrait recueillir l’approbation de dizaines de pays.
- Un accord historique pour une réponse globale à la cybercriminalité.
- Des dispositions pour faciliter la collecte de preuves électroniques et la coopération internationale.
- La convention entrera en vigueur après ratification par au moins 40 États membres.
À l’heure où les menaces numériques ne cessent de croître, la communauté internationale s’apprête à franchir une étape décisive dans la lutte contre la cybercriminalité. La Convention des Nations Unies contre la cybercriminalité, également surnommée la « Convention de Hanoï », sera officiellement ouverte à la signature les 25 et 26 octobre dans la capitale vietnamienne. Cet accord, qualifié d’historique, constitue le premier cadre mondial destiné à combattre de manière exhaustive les activités malveillantes dans le cyberespace, alors que la pression sur les systèmes de cybersécurité atteint des sommets inégalés.
L’objectif de cette convention est ambitieux : couvrir un large spectre de délits, allant de la fraude en ligne et des rançongiciels à la traite des êtres humains et aux discours de haine sur internet. Il s’agit de juguler des activités qui causent chaque année des pertes financières colossales, estimées à des milliers de milliards de dollars. L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), qui a joué un rôle central dans la négociation de cet accord, souligne que la convention intègre des clauses de protection des droits de l’homme. Elle encourage également les États à autoriser les activités de recherche légitimes tout en leur permettant de rejeter les demandes de coopération qui seraient contraires au droit international.
La signature de cet accord devrait se dérouler en présence de délégations représentant des dizaines de pays, et a déjà suscité l’intérêt de nombreux médias internationaux, dont Reuters, Asia Financial, The Straits Times, et The Japan Times. Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a confirmé sa participation à la cérémonie.
Pour être pleinement effective, la convention devra être ratifiée par au moins 40 États membres des Nations Unies, devenant ainsi potentiellement une pierre angulaire de la gouvernance mondiale en matière de cybersécurité.
La mise en œuvre de la Convention de Hanoï promet d’améliorer deux aspects cruciaux de la lutte contre la cybercriminalité :
Premièrement, la collecte et le partage de preuves électroniques. Un objectif majeur de la convention est d’assurer une définition uniforme des preuves électroniques et l’application de normes communes pour leur collecte par tous les États signataires. Cela garantira que les preuves partagées entre pays pour poursuivre des cybercriminels soient recevables devant les tribunaux du pays destinataire.
Deuxièmement, la coopération internationale. En signant et en ratifiant cet accord, les nations reconnaissent la cybercriminalité comme une menace existentielle pour la sécurité mondiale, alimentant le terrorisme et la criminalité transnationale organisée. En favorisant le partage d’expertise, de ressources et en instaurant une volonté politique forte, ainsi que des règles internationales harmonisées, la convention vise à rationaliser la prévention et la poursuite des délits en ligne, à renforcer les capacités de réponse internationales et à bâtir un avenir numérique plus sûr.
Selon le blog de la Banque Mondiale, une mise en œuvre efficace de cette convention contribuera à concrétiser les promesses de l’ère numérique, permettant aux citoyens de profiter des opportunités en ligne sans crainte de fraude, d’abus ou de menaces.
Sans définitions et outils communs, tels que l’entraide judiciaire, les efforts de lutte contre la cybercriminalité restent fragmentés et inefficaces, compromettant la sécurité en ligne. La Convention de Hanoï s’inscrit dans la continuité des efforts internationaux menés depuis plus de vingt ans pour renforcer la coopération judiciaire et policière dans ce domaine. Elle fait suite à la Convention de Budapest sur la cybercriminalité, adoptée en 2001, qui avait déjà établi un premier cadre international contraignant dans ce domaine, dont plus de 80 pays sont aujourd’hui signataires.