Home International Un deuxième cycle « indirect » de négociations irano-américaines à Genève mardi, et Téhéran considère la position de Washington comme « plus réaliste »

Un deuxième cycle « indirect » de négociations irano-américaines à Genève mardi, et Téhéran considère la position de Washington comme « plus réaliste »

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Publié le 16 février 2026 à 11h29 (GMT). À la veille d’une nouvelle session de négociations à Genève, l’Iran affiche une position plus conciliante sur le dossier nucléaire, tandis que les manœuvres militaires s’intensifient dans le Golfe Persique et que des manifestations antigouvernementales continuent de secouer le pays.

  • L’Iran juge la position américaine sur son programme nucléaire « plus réaliste » à l’approche des négociations de Genève.
  • Des manœuvres militaires iraniennes ont débuté dans le détroit d’Ormuz, un point stratégique pour le transport du pétrole mondial.
  • Des manifestations de soutien au mouvement de protestation iranien ont eu lieu en Europe et en Amérique du Nord, tandis que des slogans antigouvernementaux ont été entendus à Téhéran.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismail Baghaei, a déclaré que les discussions récentes à Mascate laissaient entrevoir une évolution positive de la position américaine sur la question nucléaire iranienne. Il a souligné que « les droits inaliénables de l’Iran, notamment l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, y compris l’enrichissement, ont été reconnus dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires ». L’Iran insiste pour que les négociations se concentrent uniquement sur son programme nucléaire, que les pays occidentaux soupçonnent d’avoir des visées militaires, ce que Téhéran nie fermement.

Les États-Unis et leurs alliés occidentaux souhaitent toutefois que tout accord inclue des garanties concernant le programme balistique iranien et son soutien à des groupes armés hostiles à Israël dans la région. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé à Genève pour participer à la deuxième session de pourparlers « indirects », qui se tiendra sous la médiation d’Oman, après une première rencontre début février à Mascate.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a mis en garde contre la difficulté d’aboutir à un accord avec l’Iran, lors d’une visite à Budapest.

« Il sera difficile de parvenir à un accord avec l’Iran. »

Marco Rubio, secrétaire d’État américain

En marge des négociations, le ministre iranien des Affaires étrangères a rencontré le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi. Après cette rencontre, M. Grossi a déclaré sur la plateforme X :

« J’ai eu des discussions techniques approfondies avec le ministre iranien des Affaires étrangères, en préparation des négociations importantes prévues demain à Genève. »

Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA

M. Araghchi doit également rencontrer le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, avant d’entamer les discussions avec les États-Unis. Il a réaffirmé que Téhéran recherche un accord juste et équilibré, soulignant que « la soumission sous la menace n’est pas à l’ordre du jour ».

La Maison Blanche a annoncé que l’envoyé spécial du président américain, Steve Witkoff, et son gendre, Jared Kushner, se rendront également à Genève pour s’entretenir avec les négociateurs iraniens. Un responsable américain, sous couvert d’anonymat, a confirmé à l’Agence France-Presse que M. Witkoff et M. Kushner mèneront les discussions du côté américain.

Parallèlement à ces efforts diplomatiques, les Gardiens de la révolution iraniens ont lancé lundi des manœuvres militaires dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique. La télévision d’État a précisé que ces exercices, dont la durée n’a pas été précisée, visent à préparer les Gardiens à « d’éventuelles menaces sécuritaires et militaires » dans le détroit, suite au déploiement d’une importante force navale américaine dans le Golfe.

Certains responsables iraniens ont menacé de fermer le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de la production mondiale de pétrole. Les médias iraniens ont souligné que l’objectif de ces manœuvres est de renforcer la capacité des Gardiens de la révolution à réagir rapidement.

À Téhéran, des slogans antigouvernementaux ont été scandés par certains habitants, au lendemain de manifestations de masse organisées par les Iraniens d’Europe et d’Amérique du Nord en soutien au mouvement de protestation. La République islamique a été le théâtre de mouvements de contestation importants en janvier 2026, qui ont été réprimés avec violence par les forces de sécurité, faisant des milliers de morts selon les organisations de défense des droits humains.

Reza Pahlavi, fils du Shah d’Iran déchu, a appelé les Iraniens à exprimer leur opposition au régime en place, en lien avec les manifestations de soutien au mouvement de protestation organisées à l’étranger. L’organisation non gouvernementale américaine Human Rights Activists News Agency (Hrana) a rapporté plus de 7 000 morts, dont une majorité de manifestants, lors de la répression, et plus de 53 000 arrestations.

L’Iran et les États-Unis avaient entamé des négociations au printemps 2025, mais celles-ci avaient été interrompues suite à une période de tensions accrues. Le président américain Donald Trump continue d’appeler Téhéran à conclure un accord, tout en renforçant la présence militaire américaine dans la région, avec notamment le déploiement de deux porte-avions, l’USS Abraham Lincoln et le Gerald Ford, au Moyen-Orient.

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