Home Économie Un groupe international de scientifiques invente un cube en bois qui « fabrique » de l’eau potable à volonté à partir de l’air

Un groupe international de scientifiques invente un cube en bois qui « fabrique » de l’eau potable à volonté à partir de l’air

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Publié le 2025-10-29 13:11:00. Des chercheurs australiens et chinois ont mis au point un dispositif révolutionnaire à base de bois capable de produire de l’eau potable à partir de l’air, offrant une solution potentielle à la crise mondiale de l’eau.

  • Un seau en bois innovant utilise l’évaporation et la condensation solaires pour transformer l’humidité de l’air en eau potable.
  • Le dispositif, appelé « cube de fenêtre », est simple, abordable, biodégradable et ne nécessite aucune source d’énergie externe.
  • Des tests ont montré une grande efficacité, même dans des conditions de faible humidité, avec un potentiel de production modulable.

Face à un défi hydrique majeur qui touche plus de 80% de la population mondiale, la recherche de solutions durables et peu coûteuses s’intensifie. Une équipe conjointe de scientifiques du Royal Melbourne Institute of Technology (RMIT) et de l’Université A&F du Zhejiang a conçu un appareil prometteur : un seau en bois capable de capter l’humidité de l’air pour la restituer sous forme d’eau potable. Cette innovation s’appuie sur des principes naturels optimisés par des matériaux avancés et l’énergie solaire.

Le fonctionnement de ce dispositif repose sur un cube de bois de balsa spécialement traité. Son composant rigide a été retiré, le rendant spongieux et très poreux, ce qui lui permet d’absorber efficacement l’humidité ambiante. L’efficacité du processus est renforcée par l’ajout de sel de chlorure de lithium, qui optimise l’absorption de l’eau, et d’une fine couche d’encre à base de nanotubes de carbone. Cette encre absorbe le rayonnement solaire, réchauffant rapidement le matériau.

Au cours de la journée, l’énergie solaire provoque l’évaporation et la condensation de l’eau accumulée dans le seau, la transformant en eau liquide prête à être collectée. Selon une publication dans le Journal of Cleaner Production, cette méthode atteint une efficacité de 94% en laboratoire. Le système ne requiert ni alimentation électrique ni entretien, se positionnant comme une solution portable et autonome pour la production d’eau potable.

Les essais sur le terrain ont confirmé les performances du « cube de fenêtre ». Dans des conditions d’humidité relative de 65,9 %, chaque gramme de matériau a pu absorber environ 2,5 millilitres d’eau pendant la nuit. Même avec une humidité plus faible, avoisinant les 30 %, le dispositif a conservé sa capacité de captage. Pesant moins d’un gramme, le cube peut être utilisé individuellement ou en combinaison pour augmenter la production. Neuf cubes assemblés peuvent ainsi générer près de 15 millilitres d’eau par jour. Cette modularité permet une adaptation aux besoins, que ce soit pour un usage domestique, agricole, ou en situation d’urgence dans des zones sinistrées.

La robustesse du cube a également été démontrée : il conserve sa structure et sa fonctionnalité après avoir été conservé à -20°C pendant 20 jours, résistant ainsi à des conditions extrêmes. Les matériaux utilisés – bois, sel et encre carbonée – sont peu coûteux, biodégradables et facilement accessibles, ce qui facilite une production à grande échelle et réduit les coûts.

Le Dr Derek Hao, chercheur principal au RMIT, a souligné dans un communiqué officiel que la conception exploitait la structure naturelle du bois pour optimiser le transport de l’eau. « L’appareil absorbe l’humidité lorsqu’il est ouvert et la libère lorsqu’il est exposé au soleil, générant ainsi de l’eau potable sans dépendre de sources externes », a-t-il précisé.

Le Dr Junfeng Hou, de l’Université A&F du Zhejiang, a quant à lui évoqué des applications potentielles dans les situations d’urgence, les communautés isolées ou les régions mal desservies par les infrastructures traditionnelles. En plus de produire de l’eau, le système pourrait également contribuer à réguler l’humidité intérieure, améliorant ainsi le confort et la santé.

L’ambition des chercheurs est de développer des versions plus grandes du dispositif et de l’intégrer à des systèmes d’énergies renouvelables. Des améliorations futures pourraient inclure l’ajout de panneaux solaires avec stockage thermique pour une autonomie accrue, même par temps couvert ou la nuit. L’intégration de capteurs intelligents connectés via l’Internet des Objets (IoT) est également à l’étude pour optimiser les cycles d’absorption et de libération de l’eau. Cette convergence entre l’intelligence artificielle et les matériaux naturels ouvre la voie à une nouvelle génération de technologies pour la gestion de cette ressource vitale, avec le potentiel de fournir de l’eau potable dans les zones arides sans dépendre de coûteuses infrastructures.

Le « cube de fenêtre » se présente comme une alternative prometteuse aux technologies de dessalement ou de collecte de brouillard, souvent coûteuses en investissement et en maintenance. Bien qu’encore au stade de prototype, il démontre la faisabilité d’une production d’eau potable à la demande grâce à des matériaux courants et une énergie propre. Son évolutivité et son faible coût en font une option attractive pour répondre à la crise mondiale de l’eau. Les chercheurs collaborent actuellement avec des partenaires industriels pour lancer une production pilote, une étape qui pourrait marquer un tournant dans l’accès universel à l’eau.

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