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Un homme arrêté pour avoir recruté des Kenyans pour l’armée russe

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Publié le 26 février 2026 16:45:00. La police kenyane a arrêté un homme soupçonné de faire partie d’un réseau de trafic d’êtres humains qui attirait des citoyens kenyans en Russie sous de faux prétextes, pour les envoyer combattre en Ukraine. Cette arrestation intervient alors que le recrutement de combattants étrangers par la Russie suscite de vives inquiétudes.

Festus Arasa Omwamba, âgé de 33 ans, a été interpellé à Moyale, dans le nord du Kenya, près de la frontière éthiopienne. Il est considéré comme un acteur clé d’un vaste réseau de trafic d’êtres humains, selon un communiqué de la police kenyane.

Le mode opératoire de ce réseau consiste à promettre aux Kenyans des emplois bien rémunérés en Russie, notamment dans des métiers qualifiés comme plombier ou dans l’industrie. Cependant, à leur arrivée, ces hommes sont en réalité envoyés sur le front ukrainien, piégés par des contrats frauduleux.

La Russie, confrontée à de lourdes pertes sur le champ de bataille depuis le début de la guerre en Ukraine, éprouve des difficultés à reconstituer ses effectifs. Le président Vladimir Poutine chercherait à éviter une mobilisation massive et aurait donc recours au recrutement de combattants étrangers.

Des témoignages poignants révèlent la détresse des victimes et de leurs familles. Dancan Cheng, 31 ans, a réussi à échapper à ce système après avoir été attiré en Russie sous de fausses promesses.

« Ils sacrifient les hommes africains », a-t-il déclaré. « Ils nous promettent beaucoup d’argent, parce qu’ils savent que nous allons mourir là-bas de toute façon. Alors ils n’auront jamais à nous payer. »

Le Kenya n’est pas le seul pays africain concerné par ce recrutement. La Russie cible également des citoyens nigérians, ougandais, gambiens, camerounais et ghanéens, attirés par la perspective d’un emploi lucratif.

Selon un rapport présenté au Parlement kenyan par Kimani Ichung’wah, des responsables kenyans et russes auraient collaboré avec des agences de recrutement peu scrupuleuses pour faciliter l’envoi de combattants kenyans en Ukraine. L’ambassade de Russie à Nairobi a nié ces allégations, affirmant qu’elle ne délivre pas de visas à des personnes souhaitant se rendre en Russie pour combattre en Ukraine, tout en précisant qu’elle ne s’oppose pas à l’enrôlement volontaire de citoyens étrangers dans ses forces armées.

Le ministre kenyan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, a annoncé son intention de se rendre en Russie afin de trouver une solution diplomatique à cette situation et de mettre fin aux pratiques frauduleuses des agences de recrutement. Il a déclaré le 9 février qu’il souhaitait « endiguer toute entité douteuse qui profiterait de cette mésaventure ».

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