Publié le 10 février 2026. Un retraité britannique, devenu millionnaire grâce à une victoire à la loterie en 2010, a été condamné à 16 ans et six mois de prison pour avoir dirigé un vaste réseau de production et de distribution de pilules opiacées contrefaites, démontrant que la fortune ne garantit pas l’impunité face à la criminalité.
- John-Eric Spiby, 80 ans, a été reconnu coupable avec son fils et deux complices.
- Le réseau a généré des profits potentiels allant de 56 à 332 millions d’euros (environ 60 à 355 millions de dollars américains).
- La fabrication de pilules contrefaites, vendues comme des médicaments légitimes, a contribué à un nombre élevé de décès liés à la drogue au Royaume-Uni.
Un retraité du Grand Manchester a vu sa vie basculer après avoir utilisé une partie de ses gains à la loterie – 2,77 millions d’euros (environ 3 millions de dollars américains) – pour financer une entreprise criminelle à grande échelle. John-Eric Spiby, 80 ans, a été condamné, avec son fils et deux autres collaborateurs, pour son rôle dans la production et la distribution de pilules opiacées contrefaites, la possession d’armes et l’entrave à la justice.
L’organisation a débuté sur la propriété rurale de Spiby, où il a installé des machines pour la fabrication clandestine de médicaments. Avec l’expansion de l’activité, le groupe a déménagé en 2021 dans un entrepôt industriel à Salford, marquant une étape vers une production à plus grande échelle.
Selon la police du Grand Manchester et les rapports judiciaires, le réseau a généré un commerce illicite évalué à plusieurs centaines de millions d’euros et a fonctionné pendant plusieurs années avant d’être démantelé. Les autorités ont estimé que le réseau a vendu des millions de pilules, avec une valeur potentielle sur le marché illégal allant de 56 à 332 millions d’euros.
Le tribunal a condamné John-Eric Spiby à 16 ans et six mois de prison. Son fils, John Colin Spiby Jr., a écopé de 9 ans de prison, tandis que Lee Drury a été condamné à 9 ans et 9 mois. Callum Dorian, identifié comme l’un des gestionnaires stratégiques du réseau, a également été condamné.
L’enquête a révélé que le groupe fabriquait principalement des pilules contenant de l’étisol, un tranquillisant potentiellement six à dix fois plus puissant que le diazépam. Ces pilules étaient vendues illégalement comme des médicaments légitimes, tels que le Valium, présentant un danger mortel pour les consommateurs.
Les autorités ont souligné que l’étisol était impliqué dans plus de la moitié des décès liés à la drogue en Écosse en 2021, soulignant la gravité de la situation. Les experts ont averti que la consommation de ces pilules est une « forme de roulette russe extrêmement dangereuse », car les utilisateurs ignorent la composition réelle des produits.
Pour dissimuler ses activités, le réseau utilisait une société écran appelée Nutra Inc. et des systèmes de communication cryptés, tels qu’Encrochat. La police a pu suivre les transferts d’engins et de marchandises, confirmant l’ampleur de l’opération.
L’inspecteur Alex Brun, de l’Unité du Crime Organisé, a déclaré que l’opération était « complètement industrialisée » et capable de produire des millions de pilules. Il a souligné que la condamnation visait à envoyer un message clair sur les conséquences de ce type de crime et son impact sur la sécurité publique.
L’affaire met en évidence le fait que la possession d’une fortune ne protège pas de la participation à des activités criminelles et de leurs conséquences juridiques. Le tribunal a estimé qu’il était prouvé que Spiby était le principal responsable d’un réseau ayant des effets directs sur la santé publique et le marché illégal des drogues dans la région.