L’ouragan Mélissa, d’une violence inouïe, a dévasté plusieurs îles des Caraïbes, semant la destruction en Jamaïque, à Cuba et en Haïti. Pour Almartino Stewart, un résident de San Antonio d’origine jamaïcaine, cette catastrophe le prive depuis mardi après-midi de tout contact avec sa famille, vivant dans l’angoisse de leur sort.
Qualifiant les dégâts de « plus que catastrophiques », les autorités jamaïcaines peinent à évaluer l’ampleur du désastre provoqué par l’ouragan de catégorie 5. S’abattant sur l’île avec des vents avoisinant les 300 km/h (185 mph), Mélissa a entraîné des coupures d’électricité généralisées et paralysé les communications sur une large partie du territoire.
Dans ce contexte, le silence qui pèse sur Almartino Stewart, né et ayant grandi en Jamaïque, est particulièrement lourd à supporter. Depuis le passage de la tempête, il est dans l’incapacité de joindre ses proches.
« Pour l’instant, je suis inquiet parce que je ne sais pas vraiment qui est en sécurité et qui ne l’est pas », confie Almartino Stewart, visiblement éprouvé. « Cela m’inquiète énormément en ce moment. »
Almartino Stewart et son épouse, Yolanda, sont les propriétaires du restaurant jamaïcain « Petite Jamaïque à emporter », réputé pour sa cuisine authentique. Le couple s’apprêtait d’ailleurs à ouvrir un nouveau point de vente sur North New Braunfels Avenue, près de Fort Sam Houston, ce week-end.
« C’est vraiment triste », poursuit Almartino Stewart. « J’essaie de me concentrer sur cette ouverture, mais c’est très difficile pour nous en ce moment. Nous traversons une période éprouvante. »
« Nous avons le cœur brisé », ajoute Yolanda. « Nous n’avons pas encore eu de nouvelles de notre famille ou de nos amis. »
Almartino Stewart sait, mieux que quiconque, ce que ses proches sont en train d’endurer. Ayant lui-même survécu à deux ouragans lorsqu’il vivait en Jamaïque, il en connaît les affres.
« J’ai vécu quelques ouragans de ce type, et ce n’est pas beau à voir », témoigne-t-il. « Il n’y a plus d’eau, on ne peut pas recharger son téléphone portable, pas d’électricité, c’est simplement très dur. »
Malgré cette incertitude déchirante, le couple s’appuie sur la force de résilience qui caractérise la Jamaïque.
« Fort jamaïcain, on survit », déclarent-ils à l’unisson. « Nous serons forts. Allons de l’avant. Jamaïque, n’abandonne pas. »
À l’occasion de l’inauguration de leur nouveau restaurant ce samedi, les Stewart ont décidé de transformer l’événement en une collecte de fonds. Un dollar sur chaque vente de plat au poulet jerk sera reversé aux efforts de secours et de reconstruction en Jamaïque.
Le nouvel emplacement de Little Jamaica To Go est situé au 1917 North New Braunfels.