Publié le 2025-11-06 00:16:00. Un ancien membre de la Gardée irlandaise réclame des dommages-intérêts pour des blessures qu’il affirme avoir subies lors d’une interpellation musclée après une course-poursuite en voiture dans le comté de Wexford.
Un homme de 41 ans, John Bowe, originaire du comté de Wexford, a intenté une action en justice pour les blessures qu’il aurait subies, alléguant avoir été frappé à la tête avec une matraque par un sergent de la Gardée, alors qu’il s’était rendu. L’incident, qui aurait eu lieu le 5 décembre 2014 à l’extérieur de Bunclody, fait suite à une course-poursuite en voiture à grande vitesse.
M. Bowe, qui avait quitté la Gardée en bons termes avant l’incident, est poursuivi pour conduite dangereuse. Il soutient que le sergent Rory Sheriff, alors affecté au poste de Garda d’Enniscorthy et aujourd’hui surintendant, l’a frappé de manière fautive et violente avec sa matraque une fois la poursuite terminée. L’action en justice vise également le commissaire de la Gardée, le procureur général et l’Irlande.
Suite aux blessures présumées infligées lors de cette interpellation, John Bowe a été diagnostiqué avec un trouble neurologique fonctionnel, se traduisant par de la fatigue, des tremblements et d’autres symptômes. Il demande des dédommagements pour ces préjudices.
Le procès civil, présidé par le juge Micheál O’Higgins devant un jury de la Haute Cour, a débuté cette semaine. Le juge a d’ores et déjà indiqué au jury qu’il devra probablement se prononcer sur la légalité et la proportionnalité de la force employée par les forces de l’ordre au cours de l’incident.
Récit des faits selon le plaignant
Interrogé par son avocat, Mark Harty SC, John Bowe a reconnu que sa conduite, le soir des faits, était « à 100 % » criminelle. Il a toutefois affirmé souhaiter « demander des comptes » pour les actions de la Gardée lors de son interpellation.
M. Bowe a expliqué qu’il rentrait chez lui en voiture après avoir consommé jusqu’à quatre verres dans un pub de Bunclody, lorsqu’il a aperçu un barrage de police. Ayant rebroussé chemin pour emprunter une route secondaire et « s’enfuir à toute vitesse », il a été pris en chasse par la Gardée.
Après environ dix à quinze minutes de poursuite, M. Bowe a indiqué avoir arrêté son véhicule et s’être enfui à travers un champ. Il affirme avoir ensuite trébuché et chuté. Voyant les lampes torches des policiers s’approcher, il a levé les mains, s’est mis à genoux et a prononcé les mots « vous m’avez ». C’est à ce moment précis, selon ses dires, qu’il aurait ressenti un coup à la tête, alors qu’il ne représentait aucune menace et qu’il se rendait clairement.
Il a ensuite déclaré avoir été traîné sur le sol par des agents, recevant de nouveaux coups aux jambes et au torse, avant d’être conduit au poste de police d’Enniscorthy.
« Le pire cas de conduite dangereuse »
Pour la défense, Richard Lyons SC a soutenu devant John Bowe que les membres de la Gardée impliqués dans la poursuite considéraient cet épisode comme le « pire cas » de conduite dangereuse qu’ils aient rencontré au cours de leur carrière. Soulignant les vitesses élevées atteintes par le plaignant, il a qualifié sa conduite d’« extrêmement dangereuse ». M. Bowe a reconnu ces faits, affirmant avoir déjà « reçu sa punition » pour ses actes.
M. Bowe a fermement démenti, qualifiant de « falsification totale », l’affirmation selon laquelle il se serait jeté sur les policiers muni d’un objet métallique avant son arrestation. Si la Gardée croyait qu’il s’agissait d’un couteau, il a précisé qu’il s’agissait en réalité d’un décapsuleur attaché à un trousseau de clés, et qu’il était à genoux, sans offrir de résistance.
John Bowe a conclu en déclarant au jury qu’il cherchait à obtenir justice des deux côtés : « Je pense que la justice doit être rendue des deux côtés. »
Le procès se poursuit.