Publié le 21 février 2026 11:19:00. Un ancien cadre d’Avoca a remporté son procès en justice après avoir été licencié suite à une altercation en entreprise, marquée par des propos injurieux et un malaise après avoir été pris de vomissements. La Commission des relations du travail (WRC) a jugé que la procédure de licenciement était irrégulière.
- Colin Egan a été licencié pour faute grave après un incident survenu en novembre 2023.
- La WRC a relevé des défauts dans la procédure de licenciement, notamment le manque de communication des procès-verbaux d’enquête à l’intéressé.
- M. Egan a reçu une indemnité de 2 760 € (environ 3 000 USD) en raison de la procédure jugée inéquitable, bien que son comportement ait été reconnu comme ayant contribué à son licenciement.
L’affaire remonte à novembre 2023, lorsque Colin Egan, chef d’équipe senior chez Avoca depuis plus de trois ans, a été impliqué dans un incident survenu dans le magasin de Ballsbridge, à Dublin. Selon les témoignages recueillis par la WRC, M. Egan a été pris de vomissements dans le magasin, ce qui a conduit à une situation tendue.
Ivan Judadha, gérant d’une halle alimentaire, a déclaré à la WRC que M. Egan semblait « agité » à son arrivée pour un inventaire. Il a ensuite entendu M. Egan hurler et invectiver la directrice générale du magasin, ainsi que d’autres membres du personnel, en utilisant un langage particulièrement vulgaire. Des témoins ont rapporté que M. Egan se dirigeait de manière agressive vers la sortie, criant « Laissez-moi sortir, laissez-moi sortir ! », et que la directrice générale craignait qu’il ne brise la vitrine.
L’incident s’est poursuivi dans le bureau de la directrice générale, où M. Egan aurait bloqué la porte et proféré des insultes. Elle a témoigné qu’elle se sentait piégée et mal à l’aise. Après avoir vomi, la direction lui avait demandé de rentrer chez lui, mais il avait refusé, craignant que ses collègues ne sabotent l’inventaire en son absence.
Une enquête a été ouverte et M. Egan a été interrogé, ainsi que plusieurs témoins. Il a été accusé d’insubordination grave, de comportement perturbateur et d’utilisation d’un langage injurieux. Lors de la réunion disciplinaire, M. Egan a affirmé que ses propos n’étaient dirigés contre personne en particulier et que son comportement était lié à son malaise. Ces affirmations ont été contestées par les témoins.
L’enquêteur a conclu que les accusations étaient fondées et a recommandé une procédure disciplinaire, menée par le partenaire financier de l’entreprise. Il a souligné que M. Egan n’avait montré aucun remords et semblait indigné par le processus, estimant que son état de santé ne pouvait justifier des insultes à ses collègues.
La décision de licencier M. Egan pour faute grave a été prise, la direction estimant qu’il était inacceptable que le personnel ait peur de ses collègues et que le langage utilisé était non seulement « inapproprié », mais « abusif ». M. Egan a contesté son licenciement, arguant que la procédure était viciée et la sanction disproportionnée. Il a affirmé que les circonstances atténuantes avaient été ignorées et que son dossier était jusqu’alors irréprochable.
Initialement, M. Egan a nié avoir proféré les insultes les plus graves, mais en contre-interrogatoire, il a admis avoir utilisé certains termes, bien qu’il ait précisé qu’il ne s’adressait pas à qui que ce soit en particulier. Il a déclaré avoir pu utiliser le mot « c**t » une ou deux fois, en pensant à une personne absente, et le mot « b***hes » également à une ou deux reprises. Il a également admis qu’il aurait pu qualifier la situation de « r****ded », tout en minimisant ses déclarations.
Dans sa décision, Elizabeth Spelman, responsable de l’arbitrage à la WRC, a relevé plusieurs irrégularités dans la procédure de licenciement. Elle a notamment souligné le fait que M. Egan n’avait pas reçu les procès-verbaux des entretiens avec les témoins dans les délais impartis, ce qu’elle a jugé « particulièrement préoccupant ». Elle a également noté une divergence d’interprétation concernant la définition de l’« insubordination ». En conséquence, elle a conclu qu’Avoca Handweavers Shops Limited n’avait pas garanti à M. Egan une procédure équitable, rendant son licenciement injustifié.
Tout en reconnaissant que M. Egan avait contribué à son propre licenciement par son comportement, la WRC lui a accordé une indemnité de 2 760 €.