Publié le 2025-10-16 05:28:00. L’usage de gaz lacrymogène par les agents fédéraux lors de manifestations à Chicago suscite la controverse, affectant manifestants, riverains et journalistes. Parallèlement, des affaires judiciaires impliquant des résidents locaux et des agents fédéraux se déroulent, soulevant des questions sur la conduite des forces de l’ordre et la transparence du gouvernement.
- L’utilisation de gaz lacrymogène par les agents fédéraux lors de manifestations a eu des conséquences étendues au-delà des manifestants.
- Deux résidents de Chicago ont plaidé non coupables d’agression criminelle suite à des altercations avec des agents fédéraux.
- Une clôture érigée devant des installations de l’ICE dans l’Illinois a été ordonnée retirée par un juge fédéral.
La tension était palpable à Chicago ces derniers jours, notamment dans les quartiers d’Albany Park et de l’East Side, où des manifestants ont affronté des agents fédéraux. Ces derniers ont eu recours au gaz lacrymogène, dont les effets se sont étendus bien au-delà des seuls contestataires. La presse, les habitants des environs et même un nourrisson dans l’East Side ont été touchés par ces dispersants chimiques.
Un récent jugement avait par ailleurs exigé que les agents fédéraux, souvent masqués, arborent une « identification visible », potentiellement sous la forme d’une « séquence alphanumérique unique ». Or, des images publiées par Le TRIiBE la semaine dernière montrent certains agents répondant à cette consigne par des numéros inscrits à la main sur de petits bouts de ruban jaune fixés à leur équipement, soulevant des questions sur la conformité et l’efficacité de ces mesures.
Des membres de la communauté plaident non coupables
Marimar Martinez et Anthony Ian Santos Ruiz, deux résidents de Chicago, ont tous deux plaidé non coupables mercredi lors d’audiences de mise en accusation séparées. Ils font face chacun à une accusation d’agression criminelle pour avoir prétendument utilisé leur véhicule pour heurter la voiture d’agents de la patrouille frontalière à Brighton Park, le 4 octobre dernier. Un agent fédéral avait tiré sur Marimar Martinez lors de cette même rencontre, déclenchant une confrontation tendue entre les habitants du quartier et les forces fédérales lourdement équipées.
La situation s’était soldée par le déploiement de gaz lacrymogène par les agents fédéraux, qui avaient ensuite quitté les lieux en convoi dans le chaos résultant. Les blessures subies par Marimar Martinez étaient visibles lors de son audience de détention la semaine précédente. Un grand jury avait inculpé Martinez et Santos Ruiz la semaine dernière, ouvrant la voie à d’éventuelles poursuites supplémentaires. Les procureurs fédéraux ont par ailleurs abandonné les charges retenues contre quatre autres habitants de la région de Chicago, accusés d’agression ou d’entrave envers des agents de l’immigration fédéraux depuis fin septembre.
L’avocat de Marimar Martinez, Chris Parente, a contesté la version des faits présentée par le gouvernement, arguant que les agents fédéraux armés qui ont tiré sur sa cliente représentaient le véritable danger. Parente a demandé lundi dernier au tribunal une ordonnance de préservation à l’encontre du Department of Homeland Security (DHS, ministère de la Sécurité intérieure), invoquant un manque de confiance dans l’honnêteté du gouvernement. Si elle est accordée, cette ordonnance obligerait le DHS à conserver tous les enregistrements et documents relatifs à la fusillade de Martinez et à un communiqué de presse ultérieur émis par la secrétaire adjointe du DHS, Tricia McLaughlin. Ce communiqué affirmait que les agents avaient été « forcés de tirer » sur Martinez après une tentative de les percuter. L’avocat a souligné dans sa requête que de multiples inexactitudes factuelles figuraient dans ce communiqué et que la crédibilité des agents du DHS serait au centre de la défense lors du procès.
Un acte d’accusation pour complot de meurtre
Mardi, un grand jury a rendu un acte d’accusation contre Juan Espinoza Martinez, accusé de meurtre et de racket. Le gouvernement fédéral affirme qu’Espinoza Martinez aurait exigé une somme de 10 000 dollars au chef de la patrouille frontalière, Gregory Bovino, devenu un symbole de la politique d’expulsion de l’administration Trump à Chicago. Le DHS le présente comme un membre de haut rang du gang des Latin Kings, une accusation que les avocats d’Espinoza Martinez ont démentie. L’acte d’accusation rendu mardi ne mentionne cependant aucune affiliation à un gang.
La clôture de Broadview retirée
Une clôture située devant les installations de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) à Broadview, dans la banlieue ouest de Chicago, a été démontée mardi soir, suite à une décision du juge de district LaShonda Hunt. Nommé par Joe Biden, le juge Hunt avait ordonné au DHS, en fin de semaine dernière, de retirer cette structure avant mardi minuit. Les autorités fédérales avaient érigé cette clôture fin septembre, après plusieurs semaines de protestations, afin de bloquer l’accès à l’installation ICE. La ville de Broadview avait poursuivi le DHS et la gouverneure Kristi Noem, arguant que la clôture représentait un danger pour la sécurité publique et que les agents fédéraux refusaient de la retirer volontairement.