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Un journaliste licencié du Washington Post après plus de 60 ans de service

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Publié le 7 février 2024 à 03h41. Après plus de soixante ans passés à façonner les éditions du Washington Post, un correcteur d’épreuves expérimenté a été contraint de quitter le journal dans le cadre d’une vaste vague de licenciements, témoignant des difficultés financières croissantes de la presse écrite.

  • Martin Weil, correcteur au Washington Post pendant plus de six décennies, a été licencié avec plus de 300 autres journalistes.
  • Le journal américain, confronté à des difficultés financières, a annoncé une réduction massive de ses effectifs.
  • Weil est connu pour son dévouement au journal, sa perspicacité en matière de corrections et ses chroniques météorologiques originales.

Martin Weil, qui préfère ne pas révéler son âge exact, a débuté sa carrière au Washington Post il y a plus de soixante ans. Il a passé la majeure partie de son temps à travailler de nuit, peaufinant les articles pour les éditions matinales. « Je me disais toujours : ‘Oh, ça pourrait être amélioré’ », confie-t-il. Son attachement à son travail était profond :

« Le plaisir de voir mon travail « imprimé » n’a jamais disparu. Il n’a jamais disparu, il n’est jamais devenu ennuyeux. »

Martin Weil, ancien journaliste du Washington Post

Au cours de ses six décennies au sein du journal, Weil a été témoin de multiples changements, ayant connu « au moins » sept rachats et de nombreuses réorganisations internes. Il a toujours réussi à s’adapter, mais cette fois, la situation était différente. Le Washington Post, en proie à des difficultés financières persistantes, a annoncé mercredi une réduction drastique de ses effectifs. Plus de 300 journalistes sur 800 ont été licenciés, dont de nombreux reporters du département local, auquel appartenait Weil.

À son apogée, au début des années 2000, la rédaction locale comptait environ 200 journalistes, selon Weil. Aujourd’hui, il ne resterait plus que moins de 20 personnes, d’après des sources internes. Interrogé sur cette évolution, Weil a répondu avec concision : « C’est comme l’histoire du roi de France, qui avait 40 000 hommes. Il les faisait monter puis redescendre. »

Weil a principalement travaillé comme journaliste policier, couvrant une large gamme d’événements criminels, des meurtres aux vols. « Au fil des années, nous avons couvert des meurtres simples, des doubles, des triples, des quadruples, et même une fois, six meurtres et un assassinat sous le dôme du Capitole », se souvient-il. Il évoque également les nombreux incendies qu’il a suivis : « des incendies de forêt, des incendies de voitures, des incendies de granges, des incendies de maisons et même un incendie dans la maison du président de la Chambre des représentants. »

Au-delà de son travail de correction, Weil était également connu pour ses « chroniques météo », une activité qu’il a initiée spontanément il y a dix ans, en repérant un espace libre dans la maquette du journal. Ses observations littéraires sur la sociologie des nuages, de la pluie et du soleil lui ont valu une audience fidèle. Ses anciens collègues se souviennent avec tendresse de son habitude quotidienne de parcourir la rédaction, saluant chacun avant de commencer sa journée.

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