Un juge fédéral américain a bloqué une nouvelle tentative de détention et d’expulsion d’un ressortissant salvadorien, Kilmar Abrego García, après avoir estimé que l’administration Trump avait multiplié les promesses non tenues concernant son renvoi vers l’Afrique. Cette décision intervient après une saga judiciaire débutée par une expulsion initiale erronée.
La juge Paula Xinis, du tribunal de district américain, a souligné mardi que plus de 90 jours s’étaient écoulés sans que l’administration ne présente de plan concret pour expulser M. Abrego García. Les avocats de ce dernier affirment qu’il est maintenu en détention injustement, en raison de l’embarras causé au gouvernement par les erreurs commises dans son cas.
« Le gouvernement a enchaîné les menaces creuses, les unes après les autres, concernant son expulsion vers des pays africains, sans réelle chance de succès », a déclaré la juge Xinis. Elle a ajouté qu’il n’existait aucune « bonne raison de croire » que l’expulsion serait réalisable dans un avenir prévisible.
Cette décision représente une victoire pour M. Abrego García, qui contestait les efforts des autorités américaines de l’immigration pour l’envoyer vers des pays africains tels que l’Ouganda, l’Eswatini, le Ghana et le Libéria. Il avait été libéré d’un centre de détention pour immigrants en décembre.
L’expulsion initiale et erronée de M. Abrego García vers le Salvador, où il avait été incarcéré dans une prison réputée pour ses conditions déplorables et les abus généralisés, avait suscité une vive controverse. Cet incident était devenu l’un des premiers symboles des efforts de l’administration Trump pour expulser les non-citoyens des États-Unis, souvent sans respecter les procédures légales.
L’administration Trump avait également accusé M. Abrego García d’être membre du groupe criminel MS-13, sans fournir de preuves à l’appui de ces allégations. Suite à une ordonnance du tribunal lui enjoignant de le faire, l’administration avait finalement ramené M. Abrego García aux États-Unis en juin, après avoir initialement affirmé ne pas avoir le pouvoir de le faire.
Depuis son retour, M. Abrego García a été accusé de trafic d’êtres humains, des accusations qu’il conteste fermement.