Publié le 15 février 2026 à 03h15. Une enquête est en cours à Bogotá concernant un possible « cartel de cardiologie » qui aurait détourné plus de 32 milliards de pesos (environ 7,6 millions d’euros) en facturant des examens cardiaques qui n’auraient jamais été réalisés ou qui auraient été effectués dans des conditions douteuses.
- Le conseiller municipal Angelo Schiavenato dénonce des pratiques frauduleuses impliquant un seul médecin qui aurait réalisé un nombre anormalement élevé d’échocardiogrammes dans des hôpitaux situés aux extrémités opposées de la ville.
- Des examens auraient été effectués par du personnel non qualifié, voire diagnostiqués à partir de photos transmises via WhatsApp, mettant en danger la vie des patients.
- Les sous-réseaux de santé nord et sud se défendent, affirmant que le contrat avec la clinique impliquée permettait de faire appel à différents spécialistes.
Des irrégularités préoccupantes sont mises au jour dans la prestation de services de cardiologie à Bogotá. Le conseiller municipal Angelo Schiavenato a porté plainte concernant ce qu’il qualifie de « cartel de cardiologie », une situation qui pourrait avoir engendré un détournement de fonds publics de plus de 32 milliards de pesos (environ 7,6 millions d’euros). Au cœur de cette affaire se trouve le docteur Ciro Alfonso Gómez Meisel, représentant de la Clinique Meisel SAS, accusé d’avoir facturé un nombre exorbitant d’échocardiogrammes dans des conditions physiquement impossibles.
Selon les allégations, le docteur Gómez Meisel aurait effectué 351 échocardiogrammes en une seule journée, ce qui, compte tenu de la durée moyenne d’un tel examen (au moins 25 minutes), semble matériellement impossible. Schiavenato affirme que les archives officielles montrent que le spécialiste aurait réalisé des examens cardiaques simultanément à l’hôpital Simón Bolívar (sous-réseau nord) et à l’hôpital El Tunal (sous-réseau sud), à des heures identiques.
Les inquiétudes ne s’arrêtent pas là. La plainte révèle que certains examens auraient été réalisés par des infirmières auxiliaires et non par des cardiologues, et que des diagnostics auraient été posés à partir de photos d’échographies transmises via WhatsApp.
« Regarder une échographie sur WhatsApp modifie radicalement le diagnostic et peut provoquer des décès dus à une insuffisance cardiaque non détectée »,
Angelo Schiavenato, conseiller municipal
Schiavenato souligne que cette situation est particulièrement grave, car les maladies cardiovasculaires figurent parmi les principales causes de décès dans le sous-réseau sud de Bogotá. Il réclame des sanctions sévères et une réévaluation du contrat si les accusations sont avérées.
Contacté par nos soins, le docteur Ciro Gómez Meisel n’a pas répondu à nos sollicitations. Une personne ayant répondu à l’appel a indiqué qu’elle transmettrait le message au professionnel de la santé.
Les sous-réseaux nord et sud ont publié une déclaration pour se défendre, expliquant qu’ils peuvent conclure des contrats avec des personnes physiques ou morales, à condition qu’elles remplissent les critères techniques, financiers et juridiques requis. Ils précisent que le contrat avec la Clinique Meisel a été conclu avec une personne morale, ce qui permet de faire appel à différents spécialistes et équipes médicales pour répondre à la demande de services. Ils affirment que la supervision du contrat garantit la sécurité et la conformité des soins.
« Dans la lettre, ils ont précisé que dans le cas du prestataire Clínica Meisel, le contrat a été conclu avec une personne morale, ce qui permet à l’objet contractuel d’être « développé simultanément par différents spécialistes et équipes médicales », en fonction de la demande du service.
Déclaration des sous-réseaux nord et sud
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- Sur quoi porte la plainte contre le « cartel de cardiologie » à Bogotá ?
- Il s’agit d’une plainte du conseiller Angelo Schiavenato concernant une fraude présumée de 32 milliards de pesos (environ 7,6 millions d’euros). Un prestataire est accusé d’avoir signalé des milliers d’examens cardiaques physiquement impossibles à réaliser par un seul spécialiste.
- Qui est le médecin accusé dans le scandale des échocardiogrammes ?
- Le médecin identifié est Ciro Alfonso Gómez Meisel, représentant de la Clinique Meisel SAS.
- Quels risques courent les patients concernés par cette prétendue fraude ?
- Le principal risque est l’erreur de diagnostic. En effectuant des examens expressément, par du personnel non qualifié ou en utilisant des photos WhatsApp, il est possible d’éviter les insuffisances cardiaques graves entraînant des décès évitables.