Publié le 12 février 2026 18h59. Le gouvernement égyptien a subi un remaniement ministériel significatif, avec le remplacement du ministre de la Défense et la création d’un poste de vice-Premier ministre chargé des Affaires économiques, dans un contexte de défis économiques persistants.
- Quatorze ministres ont été remplacés, tandis que le Premier ministre Mostafa Madbouly conserve son poste.
- Le lieutenant-général Ashraf Salem Zaher a été nommé ministre de la Défense et de la Production militaire.
- Le ministère d’État à l’Information a été rétabli après une absence de cinq ans, avec la nomination de Diaa Rashwan.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a assisté mercredi à la prestation de serment des nouveaux ministres au palais présidentiel, en présence du Premier ministre Mostafa Madbouly. Ce remaniement intervient après l’approbation de la nouvelle formation ministérielle par la Chambre des représentants, qui s’est réunie mardi pour valider les nominations.
Le changement le plus notable est sans doute le remplacement du ministre de la Défense. Le lieutenant-général Ashraf Salem Zaher succède à son prédécesseur, après avoir été directeur de l’Académie militaire égyptienne. Sa nomination, qui requiert l’approbation du Conseil suprême des forces armées conformément à l’article 234 de la Constitution, souligne l’importance de ce poste stratégique. Zaher est le premier ministre de la Défense égyptien à posséder un diplôme d’ingénieur, en plus de sa formation militaire.
La création du poste de vice-Premier ministre chargé des Affaires économiques, occupé par Hussein Issa, ancien président de l’Université Ain Shams et de la commission du plan et du budget de la Chambre des représentants, témoigne de l’importance accordée à la relance économique. Sa mission principale sera de coordonner les politiques économiques, de surveiller les performances et de réduire la dette publique.
Le rétablissement du ministère d’État à l’Information, dirigé par Diaa Rashwan, chef du Service d’information de l’État et président du Syndicat des journalistes, a suscité des interrogations quant à sa nature exacte : s’agit-il d’un ministère à part entière ou d’un simple secrétariat d’État ? La question reste floue, bien que Rashwan ait initialement été présenté comme un ministre.
Plusieurs nominations ont également fait l’objet de controverses. La nomination de Randa Minshawy au poste de ministre du Logement a ravivé des accusations liées à des avantages indus perçus en 2018, pour un montant d’environ 1,5 million de livres égyptiennes (environ 30 000 dollars américains). L’avocat Hassan Abu Al-Enein a cependant souligné que cette affaire n’a pas donné lieu à une condamnation judiciaire.
De même, la nomination de Jihan Zaki au poste de ministre de la Culture a été entachée par des accusations de plagiat, avec des allégations de reproduction non autorisée de textes d’une autre auteure. La BBC n’a pas pu vérifier de manière indépendante ces informations, et aucune déclaration officielle n’a été publiée à ce sujet.
Le gouvernement s’est vu confier par le président al-Sissi la mission de renforcer la sécurité nationale, de promouvoir le développement économique, d’assurer la sécurité alimentaire et énergétique, et de prêter attention aux questions sociales. Il devra également présenter des programmes ministériels clairs, avec des objectifs précis et des indicateurs de performance.
L’Égypte est confrontée à des défis économiques importants, avec une dette extérieure d’environ 160 milliards de dollars à la fin de 2025 et une dette publique représentant environ 85 % du produit intérieur brut. Les réserves nettes de change s’élèvent à plus de 50 milliards de dollars. Le nouveau gouvernement devra donc relever ces défis et mettre en œuvre des politiques économiques efficaces pour stabiliser la situation financière du pays.