Publié le 7 février 2026 18h16. Des chercheurs chinois ont mis au point un stimulateur cardiaque révolutionnaire auto-alimenté par les battements du cœur, une avancée qui pourrait éliminer le besoin de remplacer les piles et réduire considérablement les coûts pour les patients.
- Un nouveau stimulateur cardiaque génère son énergie à partir du rythme cardiaque, promettant un fonctionnement continu.
- Des tests en laboratoire ont démontré une usure minimale après la simulation de dix ans d’utilisation.
- L’appareil pourrait être implanté de manière mini-invasive et pourrait ouvrir la voie à d’autres dispositifs implantables auto-alimentés.
Une équipe de scientifiques issus de l’Université des sciences chinoises (UCAS), de l’Université Tsinghua et de l’Université de Pékin a franchi une étape importante dans le domaine des dispositifs médicaux implantables. Leur innovation vise à résoudre un problème majeur des stimulateurs cardiaques traditionnels : le remplacement périodique de la pile, une procédure coûteuse et potentiellement risquée pour les patients. Le nouveau dispositif, décrit dans une étude publiée dans la revue Nature Biomedical Engineering, est présenté comme un exemple de « bioélectronique symbiotique ».
Le stimulateur cardiaque auto-alimenté convertit l’énergie cinétique du cœur en énergie électrique grâce à un système d’induction électromagnétique. Pour garantir une longue durée de vie, les chercheurs ont intégré un système de lévitation magnétique conçu pour minimiser les frottements. Les tests en laboratoire, simulant 300 millions de battements cardiaques – soit l’équivalent d’une décennie d’utilisation – ont révélé une usure de seulement 4 %. L’appareil génère en moyenne 120 microwatts, une puissance supérieure aux 10 microwatts nécessaires à son fonctionnement stable.
L’implantation de ce dispositif se ferait par voie mini-invasive, via un cathéter inséré dans la veine fémorale. Il ne nécessite pas de sondes et est fabriqué à partir de matériaux biocompatibles. Lors d’un essai d’un mois mené sur un porc souffrant de bradycardie sévère (fréquence cardiaque lente), le stimulateur cardiaque a réussi à maintenir un rythme cardiaque normal en utilisant uniquement l’énergie produite par les battements du cœur.
Selon un professeur de l’UCAS, l’équipe ambitionne de lancer des essais cliniques avant 2030. L’objectif est de développer un stimulateur cardiaque qui non seulement durerait deux à trois fois plus longtemps que les modèles actuels, mais serait également plus abordable que les dispositifs importés, dont le coût dépasse actuellement l’équivalent de 20 000 euros en Chine. Les chercheurs envisagent également d’étendre cette technologie de génération d’énergie à d’autres dispositifs implantables, tels que ceux utilisés pour la cicatrisation osseuse, la régulation neuronale ou le traitement de la douleur.
« Nous visons des essais cliniques avant 2030. D’ici là, il faudrait développer un stimulateur cardiaque qui durerait deux à trois fois plus longtemps et serait nettement moins cher que les appareils qui doivent actuellement être importés en Chine. »
Professeur de l’UCAS