Publié le 23 octobre 2025. Une étude indienne révèle qu’un programme intensif d’un an centré sur le mode de vie a permis à près d’un tiers des participants atteints de diabète de type 2 d’atteindre la rémission. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives pour la gestion de cette maladie chronique dans le sous-continent.
- Près de 31,2 % des participants ont obtenu une rémission, définie par des taux d’HbA1c inférieurs à 48 mmol/mol sans recours médicamenteux pendant au moins trois mois.
- Le groupe en rémission a enregistré des améliorations significatives par rapport au groupe non rémissif, notamment en termes de perte de poids, d’indice de masse corporelle (IMC) et de réduction de la résistance à l’insuline.
- Les profils les plus susceptibles de voir leur diabète entrer en rémission étaient les moins de 50 ans, avec un IMC plus élevé, n’ayant jamais été traités par médicaments et diagnostiqués depuis moins de six ans.
Le diabète de type 2 (DT2) constitue un défi majeur de santé publique en Inde, affectant plus de 72 millions de personnes. Si les modifications du mode de vie sont reconnues pour leur potentiel dans les populations occidentales, les données concernant leur efficacité dans le contexte indien, marqué par des spécificités génétiques et comportementales, restaient limitées. Cette nouvelle recherche, publiée le 22 octobre 2025 dans la revue PLOS Un, vient combler en partie ce manque d’information.
L’étude rétrospective a analysé les données de 2 384 adultes diabétiques de type 2 ayant suivi un programme d’intervention en ligne d’une durée d’un an. Ce programme, dispensé par une équipe de six professionnels de santé via une application mobile, associait un régime alimentaire végétal personnalisé, une activité physique structurée, un soutien psychologique individuel et collectif, ainsi qu’une gestion médicamenteuse adaptée. Au total, 744 participants (31,2 %) ont atteint le statut de rémission.
Les indicateurs de santé ont montré une nette amélioration chez les personnes en rémission. Leur perte de poids a atteint 8,5 % contre 5,2 % pour les autres, leur IMC a diminué de 8,6 % contre 5,2 %, et leur taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) a baissé de 15,3 % contre 12,4 %. De plus, la réduction de l’insuline à jeun et de la résistance à l’insuline a été plus marquée dans ce groupe (respectivement -26,6 % et -37,3 %) par rapport à celui non rémissif (respectivement -11,4 % et -19,7 %). Les facteurs prédictifs de rémission incluaient un âge inférieur à 50 ans, un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé, l’absence de prise médicamenteuse préalable et une durée de la maladie inférieure à six ans.
Les auteurs reconnaissent les limites de leur étude, notamment sa conception rétrospective et l’absence de groupe témoin. La nature payante du programme et l’exclusion des participants n’ayant pas fourni de données de suivi pourraient également introduire des biais de sélection. Néanmoins, ils concluent qu’une proportion significative de personnes atteintes de DT2 peuvent espérer une rémission grâce à une approche globale et adaptée culturellement.
« Notre recherche démontre que près d’un tiers des personnes atteintes de diabète de type 2 peuvent obtenir une rémission grâce à une intervention de style de vie scientifiquement conçue, adaptée à la culture et structurée », soulignent les chercheurs. « Cela représente la première preuve à grande échelle provenant de l’Inde mettant en évidence le potentiel d’une modification intensive du mode de vie pour obtenir une rémission du diabète de type 2. »
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