Home Accueil Un représentant de la Chambre exige des réponses sur le retard du rapport de l’EPA sur le PFNA — ProPublica

Un représentant de la Chambre exige des réponses sur le retard du rapport de l’EPA sur le PFNA — ProPublica

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Retard dans la publication d’un rapport crucial sur les risques sanitaires d’un produit chimique : une élue interpelle l’EPA

Une élue démocrate de premier plan, Chellie Pingree, a vivement critiqué l’Agence de protection de l’environnement (EPA) cette semaine, exigeant des explications quant au retard persistant dans la publication d’un rapport déterminant les risques pour la santé liés à un produit chimique « éternel » présent dans l’eau potable de millions d’Américains. Ce rapport, prêt depuis avril, reste bloqué, alimentant les craintes d’une interférence politique dans le travail scientifique de l’agence.

La représentante du Maine, Chellie Pingree, également première démocrate de la sous-commission des crédits de l’Intérieur, de l’Environnement et des Agences connexes, a adressé une lettre à l’administrateur de l’EPA, Lee Zeldin, le jeudi 20 juin. Elle s’appuie sur un article de ProPublica révélant que des scientifiques gouvernementaux ont confirmé que le rapport en question était prêt à être diffusé il y a des mois. Pingree demande des réponses claires sur les raisons de ce blocage, qui en est à l’origine et quand Zeldin s’engage à le rendre public.

Une « interférence croissante » dans le travail scientifique ?

Pour Chellie Pingree, ce retard illustre une « phénomène croissant d’interférence avec le travail scientifique de l’Agence ». Elle cible spécifiquement le système intégré d’information sur les risques (IRIS), le programme de l’EPA chargé d’évaluer les effets nocifs des produits chimiques sur la santé humaine. Ce programme, créé sous la présidence de Ronald Reagan, est, selon elle, sous le feu des critiques : « L’administration Trump, les républicains au Congrès et l’industrie se sont montrés hostiles au programme IRIS », a-t-elle écrit, s’interrogeant sur d’éventuels retraits ou réaffectations de scientifiques au sein du programme et leurs motivations.

La lettre souligne également une coïncidence troublante : ce délai de publication du rapport sur le PFNA (acide perfluorononanoïque) survient alors que l’EPA a annulé en mai dernier les limites d’eau potable pour ce produit chimique et plusieurs autres substances PFAS (composés per- et polyfluoroalkylés). « Cela semble être plus qu’une coïncidence étant donné qu’il y a eu une forte réticence de l’industrie à réglementer les PFAS », a fait observer Pingree.

Cette situation semble contredire les déclarations publiques répétées de l’administrateur Zeldin sur la protection des citoyens contre les PFAS, des substances qui contaminent les sols et les eaux, tant dans le Maine qu’à travers le pays. « Notre État espère vraiment de l’aide du gouvernement fédéral. Et quand vous voyez le gouvernement fédéral vous tourner le dos et décider de retenir les données… c’est vraiment décourageant », a confié Pingree à ProPublica, ajoutant que la lecture de l’article l’avait mise « hors d’elle ».

Le PFNA, un produit chimique aux effets préoccupants

Le PFNA est présent dans les réseaux d’eau potable desservant près de 26 millions de personnes. Le rapport actuellement retenu par l’EPA détaille que ce produit chimique interfère avec le développement humain, entraînant une diminution du poids à la naissance. Sur la base d’études animales, il est également susceptible de causer des dommages au foie et au système reproducteur masculin, notamment une baisse des niveaux de testostérone, une réduction de la production de spermatozoïdes et une diminution de la taille des organes reproducteurs.

Historiquement utilisé dans les mousses anti-incendie et comme auxiliaire technologique dans la fabrication de certains plastiques, le PFNA fait l’objet d’une élimination volontaire depuis près de vingt ans. Néanmoins, il s’est largement répandu dans l’environnement.

L’article de ProPublica avait déjà révélé un affaiblissement significatif du programme IRIS sous l’administration Trump. Ce programme, essentiel pour fixer des seuils de pollution dans l’eau potable et déterminer les niveaux de dépollution pour les sites contaminés, est une cible fréquente des lobbys industriels. Le projet conservateur « Project 2025 », qui a façonné l’orientation de la potentielle seconde administration de Donald Trump, préconisait l’élimination d’IRIS. De plus, les républicains au Congrès ont récemment présenté une législation baptisée « No IRIS Act ». Selon une source proche du programme, sur les 55 scientifiques de l’EPA identifiés comme ayant travaillé sur les évaluations IRIS récentes, seuls huit seraient encore en poste au sein du bureau concerné.

Un rapport essentiel pour la protection des communautés

La publication de ce rapport est d’une importance capitale. Il établit la dose maximale de PFNA à laquelle les individus peuvent être exposés sans risque pour leur santé. Cette donnée est cruciale pour fixer les limites de dépollution dans les zones contaminées désignées comme sites « Superfund » et pour éliminer ce produit chimique de l’eau potable. Ces informations s’avéreront déterminantes pour les communautés américaines qui luttent contre les pollueurs pour déterminer qui supportera les coûts de dépollution du PFNA et d’autres substances PFAS.

Contactée la semaine dernière, l’EPA a déclaré par la voix d’un porte-parole que le rapport sur le PFNA serait publié une fois finalisé, sans toutefois préciser les étapes restantes ni le calendrier prévisionnel. Le service de presse de l’agence n’a pas répondu aux questions relatives à la lettre de Chellie Pingree.

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