Publié le 2025-10-15 10:01:00. L’avenir de la haute gastronomie pourrait bien voir des repas atteindre jusqu’à 1 000 euros par personne, selon des professionnels du secteur. Ces établissements visent une expérience « émotionnelle » unique, capable de justifier un tel tarif, même face à une concurrence acharnée.
Le prix d’un repas dans un restaurant de haute gastronomie, incluant le vin, pourrait bientôt atteindre 1 000 € par personne, selon un éminent restaurateur de Dublin. Ross Lewis, copropriétaire du prestigieux restaurant Chapter One et propriétaire de Osteria Lucio, a partagé cette prédiction lors d’une table ronde organisée par l’organisation Iput sur l’avenir de la restauration. Il estime que les « individus fortunés » recherchent désormais le « luxe ultime » en matière de gastronomie et sont prêts à payer le prix fort pour une expérience mémorable.
« On se souvient toujours de ce que l’on ressent dans un restaurant », a souligné Ross Lewis. C’est cette « équité émotionnelle », cette connexion affective, qui fera la différence pour les établissements haut de gamme, selon lui. Il a par ailleurs mis en lumière la pression accrue pesant sur les petits employeurs indépendants du secteur, comparée aux restaurants soutenus par de plus grands groupes financiers. Ces derniers, grâce à des capitaux importants, peuvent se permettre de fonctionner à perte pendant plusieurs années, une stratégie que Lewis qualifie de « manger le déjeuner » des plus petites structures : « C’est une bataille difficile. »
Robbie Bargh, de l’agence hôtelière londonienne Magnifique Group, a quant à lui rappelé aux professionnels présents que l’expérience culinaire ne se résume pas seulement à l’assiette. Il a mis en garde contre une possible « obsession » excessive pour la nourriture, au détriment d’autres éléments cruciaux comme l’éclairage ou la qualité de la verrerie, qui contribuent à créer l’ambiance recherchée par les convives.
Dans une autre intervention, le critique culinaire Tim Hayward, connu pour ses articles dans le Financial Times et le Guardian, a insisté sur l’importance de « l’ancien outil de l’hospitalité ». Selon lui, la meilleure manière d’attirer et de fidéliser différentes clientèles réside dans l’art de l’accueil personnalisé, où l’hôte prend le client sous son aile et lui offre une expérience sur mesure, soulignant l’impact d’un simple contact visuel.
Marina O’Loughlin, chroniqueuse au Financial Times et ancienne critique gastronomique pour le Guardian et le Sunday Times, partage ce point de vue. « On veut entrer et que quelqu’un vous fasse sentir que vous êtes à votre place », a-t-elle affirmé. Concernant l’avenir de la gastronomie, elle note que malgré les prédictions pessimistes formulées depuis une quinzaine d’années, les restaurants d’exception ne disparaissent pas. « Il y aura toujours un nouveau chef qui voudra vous faire le visage avec de la confiture de framboise », a-t-elle conclu, faisant référence à l’inventivité et à la passion qui animent ces établissements.