Publié le 19 février 2026 08h40. Un salon de coiffure de Montréal a été condamné par le Tribunal des droits de la personne du Québec pour discrimination envers une personne non binaire, une décision qui pourrait avoir des répercussions sur d’autres petites entreprises.
- Le salon Station10 a été sommé de verser 500 $ à un client après l’avoir obligé à choisir entre « homme » ou « femme » lors de la prise de rendez-vous en ligne.
- Le Tribunal des droits de la personne du Québec a statué en faveur du plaignant, estimant que l’absence d’option non genrée constituait une discrimination.
- La décision est perçue comme une avancée importante pour la reconnaissance des droits des personnes non binaires au Québec.
La situation a débuté au salon de coiffure Station10, où tout semblait normal. Cependant, une récente décision du Tribunal des droits de la personne du Québec a mis en lumière une problématique plus vaste concernant l’inclusion et la discrimination dans les petites entreprises.
Alexe Frédéric Migneault a porté plainte après avoir été contraint de sélectionner un genre lors de la réservation d’un rendez-vous en ligne. Le salon a été reconnu coupable et doit maintenant verser 500 $ à Migneault.
« C’est simplement la façon dont notre site Web a été construit en 2023 : il n’incluait pas d’option non genrée, explique Alexis Labrecque, copropriétaire de Station10. Nous l’avons ajouté quelques mois plus tard, ce n’est pas quelque chose que l’on peut faire très rapidement. Mais pour eux, ce n’était pas suffisant. »
Alexis Labrecque, copropriétaire de Station10
Malgré l’ajout d’une option non genrée, le Tribunal a maintenu sa décision, ce qui inquiète M. Labrecque quant aux conséquences pour d’autres commerces.
« Je pense que le plus important ici est que désormais, tout salon ou toute entreprise qui oblige ses clients à sélectionner un homme ou une femme risque d’être poursuivi en justice », a-t-il déclaré.
Alexis Labrecque, copropriétaire de Station10
Pour Migneault, cette décision représente une victoire significative pour la communauté non binaire au Québec et établit un précédent important dans le système judiciaire.
« Les personnes non binaires sont pratiquement inexistantes dans le corpus juridique, souligne Migneault. Il y a quelques brèves mentions ici et là, mais presque aucune décision qui traite et étudie les luttes inhérentes auxquelles les personnes non binaires sont confrontées juste pour exister à la vue de tous. »
Alexe Frédéric Migneault, plaignant
Migneault estime que cette décision va au-delà du cas spécifique et reconnaît l’importance de l’inclusion pour les personnes non binaires, qui représentent environ 0,15 % de la population québécoise (soit environ 5 000 personnes).
Le salon Station10 n’a pas exclu la possibilité de faire appel de la décision et dispose d’un délai jusqu’au 5 mars pour contester le jugement.