Publié le 19 février 2026 11h18. Une simple analyse sanguine pourrait bientôt permettre de prédire l’apparition de la maladie d’Alzheimer plusieurs années avant l’apparition des premiers symptômes, offrant ainsi de nouvelles perspectives pour un diagnostic précoce et une prise en charge plus efficace.
- Un test sanguin permet de prédire l’apparition des symptômes de la maladie d’Alzheimer avec une précision de trois à quatre ans.
- Le test mesure la concentration de la protéine p-tau217 dans le plasma sanguin, un indicateur de l’accumulation d’amyloïde et de tau dans le cerveau.
- Cette nouvelle méthode est moins coûteuse et plus accessible que les techniques de diagnostic actuelles, telles que l’imagerie cérébrale ou l’analyse du liquide céphalo-rachidien.
La maladie d’Alzheimer, l’une des formes de démence les plus répandues, se caractérise par une perte progressive de la mémoire et des fonctions cognitives. Jusqu’à présent, déterminer le moment exact de l’apparition de la maladie restait un défi majeur pour les médecins et les chercheurs. Une étude récente, publiée dans la revue spécialisée Médecine naturelle, ouvre de nouvelles perspectives grâce à la découverte d’un biomarqueur sanguin prometteur.
L’étude, menée sur un groupe de 603 participants âgés, s’est appuyée sur les données de deux vastes initiatives de recherche à long terme sur la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs ont analysé les niveaux de la protéine p-tau217 dans le plasma sanguin et ont constaté une corrélation significative avec l’accumulation d’amyloïde et de tau dans le cerveau – deux éléments clés dans le développement de la maladie.
« Nos travaux démontrent la faisabilité des tests sanguins pour prédire l’apparition des symptômes de la maladie d’Alzheimer. Ils sont nettement moins chers et plus accessibles que l’imagerie cérébrale ou les examens du liquide céphalo-rachidien »,
Suzanne E. Schindler, auteure principale de l’étude
Selon Kellen Petersen, co-auteure de l’étude, l’accumulation d’amyloïde et de tau suit un schéma prévisible, comparable aux cernes d’un arbre.
« Si vous connaissez le nombre d’anneaux, vous savez quel âge a un arbre. Il s’avère que l’amyloïde et la protéine tau s’accumulent également selon un schéma régulier et que l’âge auquel ils sont détectables prédit fortement le moment où une personne développera des symptômes de la maladie d’Alzheimer. Nous avons constaté que cela est également vrai pour le p-Tau217 plasmatique, qui reflète à la fois les niveaux d’amyloïde et de tau. »
Kellen Petersen, co-auteure de l’étude
Les modèles développés par l’équipe de recherche ont permis de prédire l’âge d’apparition des premiers symptômes avec une marge d’erreur de trois à quatre ans. L’étude a également révélé que les personnes âgées présentent un délai plus court entre l’augmentation des niveaux de p-tau217 et l’apparition des symptômes, suggérant que le cerveau des jeunes pourrait être plus résilient face aux processus neurodégénératifs.
Les participants chez lesquels des taux élevés de p-tau217 ont été détectés à l’âge de 60 ans ont développé des symptômes en moyenne 20 ans plus tard, tandis que ceux dont les taux n’ont augmenté qu’à l’âge de 80 ans ont vu l’apparition des symptômes environ 11 ans après.
Les chercheurs estiment que ce test sanguin, une fois affiné, pourrait révolutionner la prise en charge de la maladie d’Alzheimer en permettant un diagnostic plus précoce et une adaptation des traitements. L’objectif à long terme est de pouvoir informer chaque patient du risque de développer des symptômes et de l’aider, avec son médecin, à élaborer un plan de prévention ou de ralentissement de la progression de la maladie.
Les méthodes de diagnostic actuelles, telles que la tomographie par émission de positons (TEP) qui utilise des substances radioactives pour visualiser les processus cérébraux, sont coûteuses, longues et invasives. Le nouveau test sanguin représente donc une alternative prometteuse pour un dépistage plus large et accessible.