Publié le 2023-11-02 15:00:00. Un soldat nord-coréen a été appréhendé par les autorités sud-coréennes après avoir franchi dimanche la zone démilitarisée (DMZ), l’une des frontières les plus surveillées au monde. Cet incident, bien que rare, soulève des questions sur la sécurité à la frontière et les motivations de ce transfuge.
- Un soldat nord-coréen a traversé la frontière terrestre entre les deux Corées dimanche.
- Il a été arrêté par l’armée sud-coréenne, qui enquête sur les circonstances de son passage.
- Ce type de défection par voie terrestre est peu fréquent en raison des risques élevés.
Les faits se sont déroulés dimanche, lorsque les forces armées sud-coréennes ont intercepté un militaire nord-coréen ayant franchi la ligne de démarcation militaire (LDM) dans le secteur central du front. Selon un porte-parole du ministère de la Défense sud-coréen, l’individu avait pour intention de faire défection.
Les chefs d’état-major interarmées sud-coréens ont confirmé dans un communiqué avoir « obtenu la garde d’un soldat nord-coréen » et que celui-ci avait été « identifié à proximité de la LDM, suivi et surveillé » avant d’être « placé en détention » à l’issue d’une « opération de guidage standard ». La LDM traverse la zone démilitarisée (DMZ), une bande de terre minée et lourdement fortifiée qui sépare les deux péninsules depuis la fin de la guerre de Corée en 1953.
Bien que les défections de Nord-Coréens vers le Sud soient relativement courantes, la plupart empruntent d’abord des voies terrestres vers la Chine voisine, puis un pays tiers avant d’atteindre Séoul. Les passages directs par la DMZ sont rares en raison de sa densité forestière, du danger des mines terrestres et de la présence constante de patrouilles des deux côtés.
Hong Min, analyste principal à l’Institut coréen pour l’unification nationale, suggère que la connaissance approfondie du terrain par le soldat a pu faciliter son périple à travers cette zone dangereuse. Il souligne également que cet événement pourrait ne pas être bien accueilli par Pyongyang, car il pourrait potentiellement fournir au Sud des informations sur les mouvements de troupes et les opérations menées dans la région frontalière.
Les transfuges nord-coréens sont généralement remis aux services de renseignement sud-coréens pour un interrogatoire approfondi. L’armée sud-coréenne a annoncé que les autorités compétentes mèneraient une enquête pour élucider tous les détails de ce passage.
Cet incident intervient quelques mois après qu’un civil nord-coréen ait réussi à traverser la frontière terrestre, une opération qui avait mobilisé l’armée sud-coréenne pendant 20 heures. En août 2022, un autre soldat nord-coréen avait déjà fait défection en traversant la LDM.
Selon les données du ministère de l’Unification sud-coréen, plus de 34 000 Nord-Coréens ont fui le pays isolé pour se réfugier au Sud depuis la division de la péninsule. En 2022, 236 Nord-Coréens sont arrivés en Corée du Sud, dont 88 % de femmes. Le régime nord-coréen qualifie régulièrement ses citoyens ayant fui le pays de « racaille humaine ».
Sur le plan politique, les deux Corées restent techniquement en état de guerre, la guerre de Corée (1950-1953) s’étant conclue par un armistice et non par un traité de paix. Le président sud-coréen, Lee Jae Myung, qui a pris ses fonctions en juin, a exprimé son intention d’adopter une approche plus conciliante envers Pyongyang, contrastant avec la posture plus ferme de son prédécesseur, Yoon Suk Yeol. En septembre, M. Lee s’était engagé devant les Nations Unies à travailler à la fin du « cercle vicieux » des tensions avec le Nord, tout en affirmant ne pas rechercher un changement de régime à Pyongyang.