Publié le 2024-10-21 08:30:00. Un incident regrettable a marqué la rencontre de Ligue 1 entre l’OGC Nice et l’Olympique Lyonnais ce samedi 18 octobre. L’arbitre du match a interrompu la partie à la 86e minute, une décision qui a suscité l’indignation générale dans la ville, encore marquée par l’attentat du 14 juillet 2016.
- L’arbitre Jérôme Brisard a arrêté le match à la 86e minute, interprétant un chant des supporters niçois comme potentiellement homophobe.
- Ce chant, entonné chaque année à la 86e minute par les supporters niçois, est une dénonciation du groupe terroriste Daesh, responsable de l’attentat de 2016.
- Le club de Nice, les supporters et les élus locaux ont vivement critiqué cette décision, la jugeant insensible et irrespectueuse envers les victimes et la mémoire de la tragédie.
L’émotion était palpable ce samedi 18 octobre au stade Allianz Riviera de Nice, lors de la 8e journée de Ligue 1. Alors que le club local affrontait l’Olympique Lyonnais, l’arbitre de la rencontre, M. Jérôme Brisard, a pris la décision d’interrompre le jeu à la 86e minute. Un moment qui, pour les Niçois, porte une signification lourde et douloureuse.
En effet, le chiffre 86 rappelle le nombre effroyable de victimes du terrible attentat perpétré le 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais. Depuis cette date tragique, il est devenu une tradition pour les supporters de l’OGC Nice d’entonner, à la 86e minute de chaque match à domicile, un chant visant le groupe terroriste Daesh, responsable de l’attaque. Ce chant, aux paroles explicites, vise à exprimer leur rejet et leur colère envers l’organisation djihadiste.
Cependant, M. Brisard, apparemment peu familier avec cette coutume locale et tenu de faire respecter les règlements récents de la Ligue interdisant les propos à caractère homophobe, a cru distinguer des injures envers une personne, et a donc arrêté la partie. Cette interprétation, bien que potentiellement conforme aux règles, a provoqué un véritable tollé.
« L’histoire retiendra qu’un match de Ligue 1 a été arrêté par un arbitre après qu’un public a eu des mots licencieux envers une organisation terroriste ayant endeuillé une ville française. C’est inacceptable. C’est un manque de respect pour les victimes du 14 juillet, leurs familles, et toute la ville de Nice. Pas seulement l’OGC Nice. Nous avons extrêmement mal vécu ce moment. »
Le club de Nice, communiqué après la rencontre
Le président de l’OGC Nice, Fabrice Bocquet, a exprimé sa profonde déception : « L’arbitre m’a dit ne pas être au courant et avoir voulu appliquer les consignes qui sont faites. C’est un manque de préparation et de sensibilité, et cela n’aurait jamais dû se produire. » Il a précisé que l’arbitre avait présenté ses excuses suite à l’incident.
Sur les réseaux sociaux, notamment sur X (anciennement Twitter), l’indignation des supporters azuréens était manifeste. Les réactions fusent, dénonçant un manque de tact et de compréhension : « C’est écœurant ! », « J’espère que ça fera le tour d’Europe », « La honte », « J’ai envie de vomir », « aucune excuse » pouvait-on lire.
Au-delà du club et de ses supporters, la classe politique locale a également réagi avec fermeté. Le maire de Nice, Christian Estrosi, a qualifié la décision d' »incompréhensible », tandis qu’Éric Ciotti parlait d’un « manque total de discernement ».
Cet épisode met en lumière la difficulté de concilier l’application stricte des règlements avec la nécessité de prendre en compte le contexte social et historique d’un territoire, particulièrement une ville meurtrie par le terrorisme.