Plusieurs sujets d’actualité secouent la Suède ce jeudi : le Premier ministre s’engage à examiner des accusations de torture contre des militants suédois en Israël, le classement des universités suédoises chute, et les jeunes générations semblent privilégier la sécurité aux préoccupations écologiques et sociales.
Accusations de torture : le gouvernement suédois promet une enquête
Le Premier ministre Ulf Kristersson a annoncé que le gouvernement et le ministère des Affaires étrangères allaient se pencher sur les allégations de torture portées par des militants suédois, dont la militante climatique Greta Thunberg, de retour d’Israël. Ces derniers affirment avoir subi des mauvais traitements dans des prisons israéliennes après que leur navire transportant de l’aide vers Gaza a été intercepté.
« Ce sont des accusations graves », a déclaré M. Kristersson au quotidien Aftonbladet. « Les citoyens suédois doivent toujours être bien traités. » Tout en prenant ces déclarations au sérieux, le Premier ministre a précisé que le gouvernement n’allait pas réagir à la légère et qu’il souhaitait obtenir davantage d’informations. « Le ministère des Affaires étrangères examinera de plus près si nous pouvons obtenir plus d’informations sur ce qui s’est passé », a-t-il ajouté.
Lors d’une conférence de presse à Stockholm, les militants ont rapporté avoir été maltraités physiquement et s’être vu refuser nourriture et eau dans la prison de Ketziot. Le Premier ministre a néanmoins rappelé que, selon lui, les militants n’auraient pas dû tenter d’atteindre Gaza, estimant que le principal problème résidait dans la décision de se rendre dans des zones considérées comme dangereuses.
Les universités suédoises sortent du top 50 mondial
Le paysage universitaire suédois connaît un recul notable dans le classement mondial des universités du Times Higher Education pour 2026. L’Institut Karolinska, autrefois seule institution nordique dans le top 50, passe de la 49e à la 53e place, marquant une première sortie de ce cercle restreint. Il y a moins de dix ans, l’établissement se classait 28ème.
Cinq autres universités suédoises voient leur classement stagner ou diminuer. L’Université d’Uppsala, qui a souvent figuré dans le top 100, se retrouve désormais à la 128ème position mondiale. En comparaison, l’Université de Copenhague, meilleure institution nordique, gagne sept places pour atteindre la 90ème position. Plusieurs universités danoises, finlandaises et norvégiennes ont par ailleurs amélioré leur classement cette année. L’Université de Lund maintient sa 95ème place, tandis que le KTH Royal Institute of Technology recule légèrement de la 95ème à la 98ème place.
Sécurité, santé et carrière privilégiées par la jeunesse suédoise
Un récent rapport révèle une évolution significative des priorités chez les jeunes Suédois âgés de 15 à 29 ans. Les préoccupations liées au changement climatique et à l’égalité perdent du terrain, tandis que des aspirations plus concrètes émergent. Les métiers de policier, enseignant ou médecin figurent désormais parmi les « carrières de rêve ».
En l’espace de quelques années, la perception du changement climatique a radicalement chuté, passant de préoccupation majeure pour 51% des jeunes femmes et 34% des jeunes hommes en 2019 à seulement 15% et 13% respectivement aujourd’hui. L’intérêt pour l’égalité a également été divisé par plus de deux depuis 2017. La santé, l’école, l’éducation, la criminalité et la sécurité personnelle sont désormais en tête de leurs préoccupations.
Sofia Rasmussen, analyste chez Rasmussen Analys, co-auteure de l’étude, attribue ce changement à l’environnement d’instabilité dans lequel cette génération a grandi. « On ne peut ignorer à quel point le présent a affecté cette génération », a-t-elle souligné, évoquant la pandémie, les conflits récents et l’instabilité économique.
Fausse alerte à Örebro : une application de sécurité en cause
Deux fausses alertes de menaces et de violences ont été déclenchées à l’école Risbergska d’Örebro, un établissement déjà marqué par une fusillade meurtrière en février dernier. L’incident a conduit à une évacuation partielle des élèves et du personnel avant que la police ne constate la fausseté des alarmes, selon le journal local Nerikes Allehanda.
« Nous prenons cela extrêmement au sérieux », a déclaré Peter Larsson, chef de la municipalité. Les alarmes ont été envoyées via la même application de sécurité utilisée lors de la tragédie de février. Mokhtar Bennis, directeur de l’enseignement secondaire supérieur d’Örebro, a expliqué que les alertes avaient été activées accidentellement lors d’une session de formation du personnel à l’utilisation de l’application, malgré des consignes précisant un environnement de test. Des professionnels de santé seront présents à l’école pour apporter un soutien psychologique. « C’est difficile que cela se produise », a reconnu M. Bennis, soulignant le caractère éprouvant de cet événement pour une communauté cherchant à tourner la page.