Suspicion de « syndrome du bébé secoué » : l’exécution d’un Texan suspendue face à de nouvelles questions scientifiques
La Cour d’appel pénale du Texas a suspendu in extremis l’exécution de Robert Roberson, condamné pour le meurtre de sa fille de deux ans, suite à la découverte de preuves scientifiques jugées obsolètes dans son dossier. L’homme, qui a toujours clamé son innocence, devait être exécuté le 16 octobre, affirmant que le décès de sa fille était dû à des complications pulmonaires et non à un syndrome du bébé secoué.
Cette suspension intervient dans le cadre d’une loi adoptée en 2013, dite « science indésirable », permettant de réexaminer des condamnations lorsque les bases scientifiques utilisées lors du procès ont depuis été invalidées ou ont évolué. Cette disposition a été activée après que des législateurs des deux principaux partis politiques ont demandé une révision du cas Roberson, estimant que les théories médicales sur lesquelles reposait sa condamnation étaient dépassées.
Le diagnostic du « syndrome du bébé secoué » désigne une lésion cérébrale grave provoquée par le fait de secouer violemment un nourrisson ou un jeune enfant. Cependant, les avocats de Robert Roberson soutiennent que sa fille, décédée en 2005, avait reçu des traitements médicamenteux aujourd’hui considérés comme risqués pour les enfants. Ils avancent que ces médicaments, combinés à une chute accidentelle du lit, auraient entraîné son décès.
Ce n’est pas la première fois que l’exécution de Robert Roberson est ajournée. En octobre dernier, une convocation émise à la dernière minute par un groupe bipartisan de parlementaires pour le faire comparaître lors d’une audience avait suspendu sa condamnation à mort, le mandat d’arrêt ayant expiré peu après.
Malgré ces développements, le procureur général du Texas, Ken Paxton, maintient sa position, arguant que des blessures imputables à des abus ont été constatées lors de l’autopsie. Robert Roberson, quant à lui, maintient sa version des faits : sa fille serait tombée de son lit et il l’aurait retrouvée sans vie quelques heures plus tard.
Le personnel médical de l’hôpital où l’enfant a été transportée avait immédiatement suspecté un cas de maltraitance. Ironiquement, Brian Wharton, le détective principal qui avait mené l’enquête, fait désormais partie des voix plaidant pour la libération de Roberson. Il a écrit dans une lettre qu’il serait « à jamais hanté » par son implication dans cette affaire, estimant que « c’est un homme innocent ».