Une nouvelle tendance sur les réseaux sociaux, surnommée la « farce du sans-abri », met en garde les forces de l’ordre à travers le monde. Cette supercherie utilise l’intelligence artificielle pour simuler une effraction, semant la panique et mobilisant inutilement les secours.
Le concept est simple : l’auteur de la farce envoie à sa victime des images générées par IA représentant une personne sans abri. Ces visuels, montrant un individu assis sur le canapé, allongé sur le lit ou fouillant dans les placards de la cuisine, sont censés faire croire à une effraction. La tendance a rapidement gagné en popularité sur des plateformes comme TikTok, Instagram et Snapchat, poussant les autorités à réagir.
« En plus d’être de mauvais goût, il y a de nombreuses raisons pour lesquelles cette farce est, pour le dire franchement, stupide et potentiellement dangereuse », ont déploré les services de police de Salem, Massachusetts, cette semaine. Ils soulignent que cette pratique « déshumanise les sans-abri, provoque la panique du destinataire en détresse et gaspille les ressources de la police ». Les agents appelés sur les lieux ne sachant pas qu’il s’agit d’une supercherie, traitent l’appel comme un véritable cambriolage, créant ainsi une « situation potentiellement dangereuse ».
Au Royaume-Uni, cette tendance a déjà conduit à des signalements de faux cambriolages. La police de Poole, par exemple, a émis un avertissement après avoir reçu un appel d’un parent inquiet. Selon une publication Facebook de la police, les services d’urgence ont été alertés par un « parent extrêmement inquiet » qui pensait qu’un homme se trouvait dans sa maison alors que sa fille était seule. La police a précisé que cet appel, qui a nécessité une intervention de type « lumière bleue », a « utilisé de précieuses ressources déployables qui auraient pu répondre à une urgence alternative ».
En Irlande, « An Garda Síochána » (la police nationale irlandaise) a également alerté sur ce phénomène. Dans un message publié sur Facebook, ils indiquent être au courant d’une « farce tendance circulant sur les réseaux sociaux dans laquelle un proche reçoit une image générée par l’IA d’un intrus à la maison ». Les forces de l’ordre irlandaises ont constaté que ces supercheries ont déjà mené à plusieurs interventions d’urgence qui se sont avérées être de faux rapports de cambriolage. Ils soulignent que cela représente « un gaspillage de précieuses ressources de la Garda et détourne des véritables appels d’urgence qui nécessitent une réponse ». Un risque existe que les appels d’urgence légitimes « ne reçoivent pas l’attention urgente nécessaire, ce qui pose de sérieux problèmes de sécurité pour ceux qui ont besoin de notre aide immédiate ».
Les autorités exhortent donc chacun à « ne pas se lancer dans cette farce et à réfléchir aux conséquences qui pourraient en résulter ».
Cette farce n’est qu’un exemple parmi d’autres controverses récentes liées à l’intelligence artificielle. Plus tôt dans la semaine, Zelda Williams, la fille de l’acteur Robin Williams, a lancé un appel public pour qu’on cesse de lui envoyer des vidéos générées par IA utilisant l’image et la voix de son père défunt. « S’il vous plaît, arrêtez de m’envoyer des vidéos IA de papa », a-t-elle écrit sur Instagram. « Arrêtez de croire que je veux le voir ou que je le comprendrai, je ne le comprends pas et je ne le ferai pas. Si vous essayez juste de me troller, j’ai vu bien pire, je vais restreindre et passer à autre chose. »
Ces déclarations interviennent dans un contexte de débat suscité par l’apparition de « l’acteur IA » Tilly Norwood. Entièrement créé par intelligence artificielle, ce personnage a été présenté comme le premier acteur IA d’Hollywood. L’émergence de tels « acteurs » suscite des inquiétudes dans l’industrie cinématographique. La Screen Actors Guild a d’ailleurs déclaré que « la créativité est et devrait rester centrée sur l’humain ».