La célébration du 250e anniversaire du Corps des Marines des États-Unis a provoqué samedi une fermeture temporaire et controversée d’une portion de 27 kilomètres de l’Interstate 5 en Californie, une artère vitale reliant Los Angeles à San Diego. La décision, justifiée par des tirs d’artillerie réelle au-dessus de la route, a engendré des perturbations de trafic majeures et ravivé les tensions politiques entre le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, et l’administration Trump.
La Californie, théâtre d’une démonstration de force militaire spectaculaire pour marquer le quart de millénaire du Corps des Marines, s’est trouvée au cœur d’une polémique samedi. L’autoroute Interstate 5, l’une des plus fréquentées du pays, a été coupée à la circulation sur un tronçon de 27 kilomètres, le temps d’une démonstration militaire incluant des tirs réels. Cet événement, auquel assistait notamment le vice-président de l’administration Trump, JD Vance, a rapidement suscité la réprobation du gouverneur démocrate de Californie.
Un gouverneur critique, une autoroute paralysée
« Le président fait passer son ego avant ses responsabilités avec ce mépris pour la sécurité publique », a déclaré le gouverneur Gavin Newsom, cible fréquente des critiques de Donald Trump et pressenti pour une candidature à la Maison Blanche en 2028. « Tirer à balles réelles sur une autoroute très fréquentée n’est pas seulement une erreur : c’est dangereux », a-t-il ajouté, dénonçant une décision jugée irresponsable. Des panneaux d’avertissement « Armes réelles sur l’autoroute » avaient été déployés aux abords de la voie rapide, soulignant le caractère exceptionnel et potentiellement risqué de la situation.
La décision de fermer l’autoroute avait été prise à la suite d’alertes lancées par la California Highway Patrol. Les autorités redoutaient que des tirs d’artillerie au-dessus du trafic routier ne constituent une distraction dangereuse pour les automobilistes empruntant ce tronçon côtier de l’I-5, situé à proximité de la base de Camp Pendleton.
Les Marines insistent sur la sécurité
Face à ces critiques, le Corps des Marines a tenu à rassurer le public. Dans un communiqué, l’institution militaire a affirmé qu’aucun risque n’avait été encouru. « Des pièces d’artillerie ont toujours été tirées au cours d’un entraînement de routine depuis des points de tir d’artillerie terrestres à l’ouest de l’I-5 vers des zones d’impact à l’est de l’autoroute, dans le cadre des protocoles de sécurité existants et sans qu’il soit nécessaire de fermer la route », a précisé le communiqué, qualifiant cette pratique d’« établie et sûre ».
La démonstration militaire s’est avérée particulièrement impressionnante, mêlant survols d’avions de combat, manœuvres de navires amphibies, explosions dans un village simulé et l’intervention de Navy SEALs plongeant dans l’océan Pacifique depuis des hélicoptères. Un spectacle grandiose pour célébrer les 250 ans du Corps des Marines.
Discours politique et critiques acerbes
Dans son intervention, le vice-président JD Vance a souligné l’engagement de l’administration Trump envers le Corps des Marines, tout en dénonçant ce qu’il a qualifié de priorités « éveillées » ayant, selon lui, affaibli les forces armées américaines. « Lorsque les responsables tentent de se concentrer sur l’imposition de quotas de diversité, ou lorsqu’ils tentent d’injecter une politique partisane dans les forces armées américaines, ils entravent la capacité du Corps des Marines à faire de son mieux », a déclaré Vance, ancien Marine, devant les troupes rassemblées. « Et c’est pourquoi le secrétaire à la Guerre et le président des États-Unis se sont opposés si fermement à ces conneries », a-t-il martelé.
Il est à noter que cette démonstration des Marines s’est déroulée le même jour que des manifestations d’ampleur nationale contre les politiques de l’administration Trump, notamment le démantèlement de programmes dédiés à la diversité et à l’équité. En juin, Donald Trump avait déjà ordonné le déploiement de troupes, y compris des Marines, à Los Angeles pour soutenir les opérations de lutte contre l’immigration clandestine et de répression de manifestations locales. Un déploiement qui avait également suscité l’opposition de Gavin Newsom et des élus locaux, estimant que les forces de l’ordre de la ville et de l’État auraient suffi à gérer les rassemblements, alors jugés de faible ampleur.