Publié le 8 février 2026 07h00. L’entreprise Berger SA relance la marque de tracteurs Deutz-Fahr en Argentine avec un investissement initial de 5 à 10 millions de dollars, misant sur un réseau de distribution solide et un service après-vente de qualité pour soutenir le secteur agricole local.
- Berger SA a officiellement repris la distribution de Deutz-Fahr en Argentine en juillet 2025.
- Un centre de distribution sera inauguré à Trenque Lauquen en mars 2026 pour assurer le support technique et la fourniture de pièces détachées.
- L’entreprise prévoit d’importer plus de 15 modèles de tracteurs, couvrant une gamme de puissances allant de 35 à 280 chevaux (ch).
José Walter Berger, dirigeant de Berger SA, a pris en charge la représentation officielle de Deutz-Fahr en Argentine, sous l’égide du groupe Idem Deutz-Fahr (SDF). À 66 ans, il affiche une ambition claire : « Je ne mettrai jamais mon nom sur un projet qui n’offre pas le meilleur de ce que je peux faire. Derrière chaque unité vendue, c’est le nom de famille qui est en jeu. » L’entreprise, qui se positionne comme « Importateur principal », génère actuellement 200 emplois directs et indirects à travers le pays.
L’histoire de Deutz-Fahr en Argentine remonte à 1959, avec la fabrication locale de tracteurs et de moteurs sous la marque DECA. Après la fusion mondiale de 1968 entre Deutz et Fahr, l’entreprise s’est solidement implantée sur le marché argentin. Cependant, les difficultés économiques des années 1990 ont conduit à une restructuration. En 1996, le groupe AGCO a acquis la filiale locale et a créé, deux ans plus tard, une coentreprise pour fabriquer des unités à 75 % de composants nationaux, comme le modèle 6.125 A.
Cette collaboration avec AGCO a finalement pris fin, selon M. Berger, en raison d’une perte progressive de l’expertise et de l’efficacité de l’ingénierie allemande, ainsi que d’un affaiblissement du service technique et de la disponibilité des pièces détachées. Au niveau mondial, la marque a trouvé une stabilité durable en 1995 lorsque le groupe SAME – devenu SDF – a racheté la division machines agricoles Deutz-Fahr à l’allemand KHD, et que la marque est restée au sein de la holding dirigée par la famille Carozza.
Le retour de Deutz-Fahr en Argentine a connu quelques péripéties avant l’arrivée de Berger SA. Une tentative de reprise par la firme Pla en 2016 a été avortée suite à son acquisition par John Deere. La représentation a ensuite été brièvement assurée par le groupe Caldomaq et la société Gauss Landtechnik.
Aujourd’hui, Berger SA a pris le contrôle total en tant qu’« Importateur principal » direct du groupe SDF. La stratégie actuelle est axée sur l’importation de technologies européennes de pointe. L’entreprise opère déjà avec huit concessionnaires officiels et dispose d’unités commerciales dans les secteurs de l’élevage et de l’agriculture. L’accent est mis sur la construction d’un réseau solide, bien au-delà de la simple vente de machines.
L’Argentine accueillera pour la première fois la « Réunion des concessionnaires », un événement réunissant les importateurs de toute l’Amérique latine. Les dirigeants mondiaux de SDF seront présents, notamment le PDG Ludovico Bussolati, le CCO Alessandro Maritano, Paolo Rivolo, directeur de la région internationale et directeur commercial pour l’Amérique latine, Ignacio Barrenese, et Dario Fernández, directeur commercial pour l’Amérique du Sud. Deutz-Fahr disposera également de son propre stand à Expoagro 2026.
Plus de 100 unités sont déjà entrées sur le marché local depuis octobre dernier. Selon José Walter Berger,
« En agriculture, personne ne peut promettre l’éternité, mais on peut promettre la structure. Lorsqu’il y a des pièces détachées, des formations et des revendeurs, la marque cesse d’être une promesse et devient un système. »
Les tracteurs proviennent d’usines SDF situées en Allemagne, en Italie, en Turquie et en Inde. M. Berger souligne que le contexte actuel de déréglementation facilite l’importation de machines, favorisant ainsi une concurrence basée sur la valeur opérationnelle.
« Le pire des affaires, c’est l’arrêt d’une unité »
, affirme-t-il, soulignant l’importance d’une productivité réelle par heure travaillée. L’entrepreneur agricole ambitionne de consolider la marque comme un atout productif à long terme pour les producteurs argentins.