Publié le 8 février 2026 à 06h43. L’approbation de l’accord commercial conclu avec les États-Unis par le gouvernement argentin pourrait être retardée au-delà de la session extraordinaire du Parlement, en raison de contraintes formelles et du manque de consensus politique.
- Le débat parlementaire sur l’accord avec les États-Unis ne devrait pas avoir lieu avant mars.
- Le gouvernement Milei doit encore traduire le texte de l’accord, qui est volumineux, et entamer des discussions avec ses alliés.
- L’adhésion au Traité de coopération en matière de brevets (PCT) est également soumise à l’approbation du Congrès.
Plusieurs sources au sein du gouvernement argentin et du Parlement s’accordent à dire que l’examen de l’accord commercial avec les États-Unis ne sera pas inscrit à l’ordre du jour de la session extraordinaire en cours. Initialement, l’administration Milei souhaitait une approbation rapide du pacte, mais des obstacles logistiques et politiques se dressent sur son chemin.
Lors de la clôture de l’accord entre le Mercosur et l’Union européenne (UE), la présidence de la Chambre des députés avait exprimé son espoir de recevoir rapidement le texte de l’accord avec les États-Unis. Cependant, il est désormais clair que ce dernier ne sera pas traité en urgence.
Selon des informations obtenues par LA NACIÓN, le principal frein réside dans la traduction du texte, qui est particulièrement long.
« Nous devons traduire le texte, qui est très long. Je ne pense pas que nous arriverons avant mars car il n’y a pas assez de jours. »
Membre de la table des filles libertaires
De plus, le gouvernement doit encore régler des questions formelles liées à la mise en œuvre de l’accord et entamer des négociations avec ses partenaires de coalition.
Le calendrier parlementaire est également un facteur limitant. Les 16 et 17 février étant des jours fériés pour le Carnaval, une journée de travail parlementaire est perdue. Par ailleurs, le parti au pouvoir est actuellement concentré sur l’examen de projets de loi importants, tels que la réforme du travail (au Sénat) et la baisse de l’âge de la responsabilité pénale (à la Chambre des députés), ainsi que sur l’accord avec le Mercosur.
Une source importante de l’exécutif a confirmé que l’accord avec les États-Unis ne sera probablement pas discuté dans le cadre de la session extraordinaire :
« Il est très probable que l’accord avec les États-Unis ne soit pas discuté dans des circonstances extraordinaires. »
Source au sein de l’exécutif
Après la conférence de presse de vendredi, où le chef de cabinet, Manuel Adorni, et le ministre des Affaires étrangères, Pablo Quirno, ont présenté les détails de la signature de l’accord, l’enthousiasme était palpable. Cependant, à ce jour, LA NACIÓN constate que La Libertad Avanza (LLA) n’a pas encore élaboré de stratégie législative pour l’accord et ignore le niveau d’adhésion à cette initiative parmi ses alliés et au sein des deux chambres du Parlement.
Le sujet n’a pas non plus été abordé lors des discussions avec les gouverneurs, menées par le ministre de l’Intérieur, Diego Santilli, alors que leur soutien est crucial au Congrès.
La Commission des relations extérieures et du culte de la Chambre basse se réunira mardi pour examiner le pacte avant de le soumettre au vote. Au sein de la Chambre des députés, le parti au pouvoir dispose de 95 sièges, auxquels s’ajoutent 12 voix favorables, portant le total à 107. Le parti jaune est l’un des rares à avoir déjà exprimé son soutien à l’accord :
« Nous misons sur l’accord avec les États-Unis. C’est une énorme opportunité pour l’Argentine. »
Source hautement Pro
L’Union por la Patria (UP), principal parti d’opposition, compte 93 députés et se montre critique à l’égard de la relation privilégiée que le président Javier Milei entretient avec les États-Unis. Cependant, des sources au sein du kirchnérisme ont indiqué qu’aucune position définitive n’avait été prise concernant l’accord et qu’il serait examiné attentivement une fois le texte soumis.
« Ce n’est pas une décision pour les Blancs ou les Noirs. »
Source au sein du kirchnérisme
Elles ont toutefois admis que, de prime abord,
« Il ne semble pas que ce soit un texte que le kirchnérisme serait prêt à signer. »
Source au sein du kirchnérisme
Le bloc Provinces-Unies, composé de 18 députés, n’a pas encore étudié la question en profondeur. Par ailleurs, deux de ses membres, Esteban Paulon (socialiste) et Lourdes Arrieta (ex-libertaire), ainsi que Maximiliano Ferraro et Monica Frade (Coalition civique), ont demandé à Pablo Quirno de se présenter devant la Chambre basse pour s’expliquer sur l’accord, en raison d’un
« déséquilibre apparent dans la réciprocité entre les deux pays. »
Le ministère des Affaires étrangères n’a pas encore répondu à cette demande.
Le radicalisme, avec six députés, se montre favorable à l’accord, estimant qu’il contribuera à l’ouverture commerciale dont l’Argentine a besoin.
« Cet accord représente un outil de plus pour le chemin de croissance de l’Argentine. C’est un pas de plus vers l’ouverture commerciale dont le pays a besoin après des années d’isolement du monde. Nous entendrons sûrement des voix différentes sur le sujet, mais ce que nous constatons, c’est que l’accord apportera des avantages pertinents pour la production et l’exportation de biens nationaux. »
Représentant radical à LA NACIÓN
En parallèle, le gouvernement doit obtenir l’approbation du Congrès pour l’adhésion de l’Argentine au Traité de coopération en matière de brevets (PCT) avant le 30 avril. La Casa Rosada estime que la demi-sanction déjà obtenue par le Sénat il y a 29 ans reste valable, ce qui limiterait les démarches à la Chambre des députés. Le ministre de la Déréglementation, Frédéric Sturzenegger, a déclaré à ce sujet :
« Une question centrale est l’approbation du PCT, qui n’a besoin de l’approbation des députés qu’après avoir été approuvé par le Sénat. Eh… oui, il y a 29 ans (c’est-à-dire que huit gouvernements ont fait le jeu du lobbys et ils ont été dolobus). »
Frédéric Sturzenegger
L’adhésion au PCT suscite l’opposition de l’industrie pharmaceutique locale, qui s’y oppose traditionnellement.
Selon les sources parlementaires du parti au pouvoir, la décision du Sénat prise il y a trente ans reste valable en vertu de l’article 2 de la loi 13.640, qui stipule que les projets de traités internationaux ne sont pas soumis à une date d’expiration.
Il reste également à approuver dix autres traités internationaux et à modifier certaines lois pour les mettre en conformité avec l’accord conclu à Washington.