Publié le 2025-11-08 14:48:00. Les drones, et notamment le modèle Orion, sont devenus une arme de choix pour la Russie dans son conflit avec l’Ukraine, suscitant une vive inquiétude en Europe et au-delà.
- L’Ukraine tire la sonnette d’alarme concernant le drone russe Orion, le qualifiant de menace pour la « civilisation mondiale ».
- Ce drone d’attaque et de reconnaissance russe, capable d’emporter des charges utiles significatives, est conçu pour frapper des cibles militaires et d’infrastructure.
- Kiev souligne la nécessité de sanctions accrues contre les entreprises russes impliquées dans la production de ce drone, craignant un transfert de technologie vers d’autres pays.
Les drones sont désormais une composante majeure de l’arsenal russe dans la guerre contre l’Ukraine. Ces dernières semaines, ces appareils sans pilote ont été au cœur d’une vague de frappes aériennes visant des aéroports et des installations militaires dans plusieurs pays européens, tels que la Pologne, la Belgique et l’Allemagne. Ces actions ont alerté l’OTAN sur son flanc oriental. Parmi les modèles employés par Moscou figure le drone Orion, une machine de type « attaque et reconnaissance » que l’Ukraine a récemment mise en garde.
La Direction principale du renseignement du ministère de la Défense ukrainien a exprimé sa préoccupation, déclarant :
« Ils représentent une menace non seulement pour l’Ukraine, mais aussi pour le monde civilisé en général. »
Une mise en garde accompagnée d’un visuel détaillé de cet aéronef, produit par le groupe russe Kronstadt, une entreprise déjà visée par des sanctions occidentales.
Décrit comme pesant environ une tonne, le drone Orion se distingue par ses ailes droites et sa queue en V. Il peut transporter une charge utile allant jusqu’à 250 kilogrammes, comprenant divers équipements tels que des systèmes de photographie aérienne, des modules de reconnaissance radioélectronique, des systèmes optoélectroniques, des bombes guidées KAB-20 ou encore des missiles Kh-50 ou Kh-UBAV. Son autonomie de vol atteint jusqu’à 30 heures, avec une portée de 250 kilomètres. Ces caractéristiques tactiques et techniques lui ont valu le surnom de « tueur de Bayraktar » dans les médias russes proches du pouvoir.
L’Orion est également capable d’être équipé du nouveau missile de croisière russe S8000 Banderol. Selon les renseignements ukrainiens, ce missile est doté d’une ogive de 150 kilogrammes et peut parcourir jusqu’à 500 kilomètres à une vitesse de 500 km/h.
Une plateforme en ligne mise en place par les services ukrainiens présente un modèle tridimensionnel interactif du drone Orion. Ce site recense également 43 entreprises russes impliquées dans sa fabrication, allant des producteurs de systèmes optoélectroniques aux fabricants de matériaux composites pour planeurs, en passant par les concepteurs de stations de communication au sol.
Kiev alerte sur le fait qu’« un tiers de ces entreprises ne font actuellement l’objet de sanctions par aucun des pays de la coalition qui sanctionne », ce qui « crée une possibilité réelle de poursuite de l’approvisionnement en composants critiques et d’une guerre contre l’Ukraine ». L’Ukraine considère ainsi ce drone comme une menace globale, craignant que « les technologies et les composants puissent être transférés aux alliés de la Russie, en particulier vers l’Iran et la Corée du Nord, ce qui augmente le risque de son utilisation militaire dans d’autres régions ».