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Michoacán révolté : la première crise majeure de Claudia

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Publié le 2025-11-08 13:21:00. Face à une violence endémique et à l’échec de l’État, le Michoacán se soulève. Ce cri de ras-le-bol populaire, déclenché par l’assassinat du maire Carlos Manzo, dénonce la peur, l’extorsion et l’impunité, appelant à un sursaut citoyen face à l’emprise du narcotrafic.

  • Le Michoacán, symbole de l’impuissance de l’État mexicain face au crime organisé, devient le théâtre d’une révolte populaire.
  • L’assassinat du maire Carlos Manzo a catalysé un mouvement de protestation impliquant diverses couches de la société michoacanaise.
  • Les habitants rejettent les réponses gouvernementales jugées insuffisantes et appellent à un changement radical pour retrouver la paix et la sécurité.

Dans les rues d’Uruapan, Morelia et Apatzingán, trois régions clés de l’État, la lassitude et la colère de la population mexicaine éclatent au grand jour. Les citoyens, épuisés par la peur, l’extorsion, les meurtres et les disparitions perpétrés par le crime organisé, exigent que cesse cette violence. Ils dénoncent un système où les travailleurs, producteurs et contribuables, qui paient un double impôt (au gouvernement et aux trafiquants), ne reçoivent aucune protection ni sécurité en retour, compromettant leur tranquillité et celle de leurs familles.

L’assassinat brutal du maire Carlos Manzo, le 1er novembre dernier, en pleine célébration du Jour des Morts, a servi d’étincelle. Cet acte tragique, commis alors que le maire tenait son jeune fils dans les bras, a mobilisé une population déterminée à faire entendre sa voix. Étudiants, femmes au foyer, professionnels, agriculteurs et ouvriers se sont unis pour rappeler l’histoire du Michoacán, terre de révolutions et de luttes populaires depuis l’indépendance.

Alors que le gouvernement de Claudia Sheinbaum tente de discréditer ce mouvement en invoquant des théories conspirationnistes et en présentant un « plan de paix et de justice » jugé inefficace et réducteur, les slogans fusent dans les villes : « Dehors Claudia ! » et « Dehors Morena ! ». Les Michoacans accusent directement l’exécutif de l’assassinat du maire Manzo, dénonçant une complicité qui a ouvert la voie à l’enfer du narcotrafic.

Le Michoacán, fidèle à son histoire, montre une fois de plus aux Mexicains qu’une véritable sortie de la violence et du gouvernement parallèle des cartels ne passe pas par la soumission ou la peur, ni par l’acceptation de fonds gouvernementaux en échange de loyauté politique. Le message est clair : les tyrans, qu’ils soient issus du monde criminel, du gouvernement, ou de leur collusion, ne seront détrônés que lorsque les citoyens cesseront d’être passifs et élèveront la voix pour affirmer que le Mexique est plus grand que la violence et que n’importe quel régime.

Le texte souligne la tragédie vécue par de nombreux États mexicains, où des citoyens courageux tombent sous les coups du narcotrafic, où des élus sont assassinés pour leur refus de se soumettre, ou pour des raisons aussi futiles que de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Il évoque également le recrutement massif de jeunes par les cartels, transformés en sicaires ou en guetteurs, souvent sous l’emprise de drogues, ainsi que les milliers de disparitions inexpliquées qui transforment le territoire national en un vaste cimetière.

L’article suggère que tous les États du Mexique auraient des raisons de rejoindre le soulèvement michoacano, mais que la peur et le silence complice prévalent. Dans le contexte de la « Quatrième Transformation » (4T), le courage est payé de la vie, et ceux qui osent s’opposer se retrouvent isolés. Pendant ce temps, les dirigeants continuent de discréditer les manifestants tout en évitant de nommer ou de condamner fermement les véritables responsables de la violence, les barons de la drogue qui exercent un pouvoir de facto.

Face aux critiques et aux rebelles, la présidence fait preuve d’une « férocité totale », tandis que les trafiquants de drogue bénéficient d’une « lutte mesurée et lente ». Les « câlins, pas de balles » ont cédé la place à des « renseignements » jugés insuffisants pour éradiquer le cancer qui ronge le pays.

Le Michoacán a ouvert la voie. La question demeure : combien de Mexicains sont prêts à le suivre ?

NOTES INDISCRETES…

Le mouvement populaire né à Uruapan et qui s’étend désormais dans le Michoacán a trouvé un nom, une direction et même une faction indépendante au Congrès de l’État. Baptisé « Mouvement du Chapeau », en hommage à Carlos Manzo, il est désormais dirigé par sa veuve, Grecia Quiroz, nommée maire suppléante d’Uruapan jusqu’en 2027. Lors d’une marche à Uruapan, elle a affirmé assumer le leadership populaire de son mari, dénonçant l’indolence du gouverneur Alfredo Ramírez Bedolla et du gouvernement fédéral.

« Il faudrait qu’ils tuent chacun d’entre nous qui sommes sur cette place pour que ce combat cesse. Il faudrait qu’ils viennent tous nous tuer pour que ce combat cesse de se dérouler dans les rues, cesse de soutenir les personnes les plus vulnérables. »

Grecia Quiroz, maire suppléante d’Uruapan

Grecia Quiroz a appelé les habitants à honorer la mémoire de Carlos Manzo et à ne pas la laisser seule, les exhortant à sanctionner le parti au pouvoir en 2027 : « Faites entendre haut et fort que ce mouvement vous donnera ce vote de punition en 2027 », a-t-elle déclaré, visant Morena et son gouverneur.

Elle a également précisé la nature de sa rencontre avec la présidente Claudia Sheinbaum, non pas pour une simple poignée de main, mais pour exiger justice, une intervention dans la municipalité et l’élimination des criminels connus. Elle a insisté sur la nécessité pour les commerçants et les travailleurs de pouvoir exercer leurs activités sans extorsion, affirmant vouloir suivre l’héritage de Carlos Manzo.

La question se pose de savoir si cette nouvelle direction ne marquera pas aussi l’émergence d’une nouvelle candidate capable de défier le parti au pouvoir dans le Michoacán.

Par ailleurs, le choix du prochain président du Conseil de Coordination des Entreprises (CCE) se joue entre deux candidats, José Medina Mora et Juan Cortina. Le Conseil mexicain des hommes d’affaires (CMN), l’une des sept organisations influentes, annoncera son soutien le 10 novembre, rendant ainsi un candidat favori. Le CMN privilégiera un profil apte à maintenir le dialogue avec le gouvernement fédéral, à promouvoir l’unité patronale et à faire face aux défis économiques, notamment la renégociation de l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC) en 2026. Les sources indiquent que Medina Mora serait le choix privilégié du CMN.

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