Un drame a éclaté lors d’une fête d’Halloween à Chula Vista, coûtant la vie à Elias Yanez, 17 ans, et à son meilleur ami Kane Roldan, 15 ans. Une dispute, qui aurait mal tourné, est à l’origine de la fusillade, selon les premiers éléments de l’enquête policière. La mère d’Elias, Luisana Yanez, peine à comprendre comment un tel événement a pu survenir, craignant que le désir de son fils de faire le bien n’ait eu des conséquences tragiques.
Luisana Yanez se souvient de son fils Elias comme d’un jeune homme altruiste, prêt à servir son pays dans l’armée. Depuis son enfance, elle avait perçu chez lui une étincelle particulière. « C’était mon chouchou, et tout le monde le savait », confie-t-elle. Malgré une certaine opiniâtreté, Elias possédait une personnalité qui imposait le respect, une qualité qui poussait chacun à considérer son point de vue.
Mère de trois enfants, elle décrit un fils passionné de basket-ball et de musique, mais dont l’avenir était déjà tracé. Elias souhaitait perpétuer une tradition familiale en s’engageant dans l’armée. Ses aspirations dépassaient le cadre personnel : « Il était censé changer le monde. C’est ce pour quoi il était né, pour accomplir de grandes choses. »
La mère éplorée ignore les détails précis de la dispute qui a précédé le drame, mais les récits qu’elle a entendus la laissent craindre que la noblesse d’esprit de son fils, son instinct de protecteur, n’ait pris le dessus sur les leçons de prudence qu’elle s’efforçait de lui transmettre. « On ne peut pas toujours vouloir être le héros de tout », murmure-t-elle, la voix brisée. « J’imagine qu’il y a eu une altercation avec un autre garçon, et il est intervenu pour se défendre ou défendre les autres. »
À Palm City, là où Elias Yanez résidait, un mémorial spontané s’est formé devant la maison familiale. Sa jeune sœur, Daniella, continue de pleurer la dernière photo prise avec son frère le jour de sa mort, alors qu’il lui apprenait à conduire un tramway. Le chagrin pèse lourdement sur sa mère, qui se trouvait à l’extérieur de la ville, en formation militaire, au moment des faits. « Il faut assumer les conséquences, et je paie les miennes parce que je n’étais pas là, parce que nous l’avons laissé partir », regrette-t-elle amèrement.
Assise au milieu des récompenses et des bourses scolaires de son fils, Luisana Yanez s’interroge sur les motivations de Daniel Garcia, le suspect de 18 ans impliqué dans la fusillade, et sur le gâchis d’une vie pleine de promesses. « Mon fils n’aura pas une seconde chance. Ce garçon non plus. Et c’est comme si tu avais ruiné ta propre vie pour rien ? Ça n’en valait pas la peine », déclare-t-elle avec une profonde tristesse.
Daniel Garcia doit comparaître devant le tribunal ce mercredi pour la première fois, où il sera confronté à deux chefs d’accusation de meurtre.