Publié le 26 février 2026 18h36. Le gouvernement irlandais investit près d’un million d’euros dans la sécurisation de ses salles de réunion afin de protéger ses conversations avec des dirigeants internationaux, face à la menace croissante de la surveillance.
- Le Taoiseach Micheál Martin a confirmé une augmentation de 958 000 € du budget alloué aux « dépenses de locaux » de son département.
- Cette somme sera consacrée à la création d’une nouvelle salle sécurisée, répondant aux normes de l’OTAN en matière de protection contre les écoutes.
- L’investissement s’inscrit dans un contexte de renforcement des mesures de sécurité pour les échanges sensibles avec des partenaires internationaux, notamment dans le cadre de la coalition pour l’Ukraine.
L’annonce intervient lors d’une réunion du comité spécial des finances, où le Taoiseach était interrogé sur les prévisions budgétaires révisées pour 2026. Selon ces prévisions, les dépenses de locaux du Département d’An Taoiseach (le département du Premier ministre) ont augmenté de 184 % pour atteindre 1,48 million d’euros (contre 522 000 euros l’année précédente).
Interrogé par le député Ged Nash, du parti travailliste, sur cette augmentation significative, le Taoiseach a expliqué que des installations sécurisées étaient nécessaires pour certains échanges avec des dirigeants étrangers, notamment dans le cadre de la coalition internationale soutenant l’Ukraine.
« Certaines de ces réunions, pas toutes, auraient pour but de dire des choses sensibles, et il faut de la sécurité, ce qu’on appelle des installations sécurisées à toute épreuve. C’est une norme dont vous avez besoin »
Micheál Martin, Taoiseach
Le terme « norme OTAN » fait référence aux exigences de sécurité strictes en matière de protection contre les écoutes, passives et actives, dans les salles où sont discutées des informations classifiées. La possession d’une telle installation est une condition préalable pour recevoir des renseignements de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. D’autres agences de renseignement imposent également des exigences similaires à leurs partenaires avant de partager des informations sensibles.
Ces installations, souvent appelées « Scif » (Sensitive Compartmented Information Facilities) aux États-Unis, sont conçues pour bloquer toutes les fréquences électroniques et radio, empêchant ainsi la surveillance à distance par des dispositifs d’écoute sophistiqués. Elles peuvent prendre la forme de pièces permanentes dans un bâtiment ou de structures temporaires, rapidement déployables sur le terrain. Le président américain Donald Trump, par exemple, voyage toujours avec une Scif, qui est également installée à la Maison Blanche et dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride.
L’accès à ces salles est strictement contrôlé et l’utilisation d’appareils électroniques, tels que les téléphones portables, y est généralement interdite. Toute communication avec l’extérieur se fait via des lignes cryptées. Par ailleurs, le budget du Bureau du Procureur général a également augmenté de 20 %, atteignant 31,5 millions d’euros, en raison de l’expansion de l’équipe et des besoins accrus en espace de bureau.