Publié le 2024-02-29 10:00:00. Près de 10 % de la population chilienne souffrirait d’une maladie rénale chronique, une affection souvent silencieuse et détectée tardivement, avec des conséquences importantes sur la santé cardiovasculaire et la qualité de vie.
- La détection précoce, grâce à des analyses simples, est cruciale pour ralentir la progression de la maladie.
- L’hypertension artérielle et le diabète sont les principaux facteurs de risque, mais l’adoption d’un mode de vie sain peut aider à prévenir l’IRC.
- Les soins infirmiers jouent un rôle essentiel dans la prise en charge des patients en dialyse, offrant un soutien clinique, éducatif et émotionnel.
Le Chili fait face à une augmentation de la prévalence de la maladie rénale chronique (IRC), touchant selon les estimations récentes près de 10 % de sa population. Cette pathologie, caractérisée par une perte progressive de la fonction rénale, évolue souvent sans symptômes apparents, ce qui retarde son diagnostic et rend les traitements plus complexes. Selon le ministère de la Santé, l’IRC est fortement associée à un risque accru de maladies cardiovasculaires et d’autres complications graves.
« Les facteurs de risque les plus fréquents sont l’hypertension artérielle et le diabète sucré », explique Meline Torreblanca, enseignante-chercheuse à la Faculté des sciences infirmières de l’Université Andrés Bello. « L’obésité, le tabagisme, la sédentarité, le vieillissement et les antécédents familiaux contribuent également au développement de cette maladie. Si ces conditions ne sont pas maîtrisées, elles endommagent lentement la structure et le fonctionnement des reins. »
Détection précoce : un enjeu majeur
La difficulté réside dans la détection précoce. Heureusement, des tests simples permettent d’identifier les lésions rénales à un stade précoce. Meline Torreblanca souligne l’importance de deux examens fondamentaux :
- La créatininémie avec calcul du débit de filtration glomérulaire (DFG), qui évalue la capacité des reins à filtrer le sang.
- Le dosage des protéines ou de l’albumine dans les urines, qui détecte les premiers signes d’atteinte rénale.
« Chez les personnes souffrant d’hypertension, de diabète ou de plus de 60 ans, ces examens doivent être réalisés régulièrement dans le cadre des soins primaires », insiste l’experte.
Prévention et changements de mode de vie
L’éducation des patients est primordiale pour prévenir les complications et ralentir la progression de la maladie. « Notre approche repose sur trois axes principaux », précise Meline Torreblanca :
- Le contrôle des maladies sous-jacentes : tension artérielle, glycémie, cholestérol et poids.
- L’adoption de changements de style de vie : réduction de la consommation de sel, alimentation équilibrée, activité physique régulière, arrêt du tabac et évitement de l’automédication avec des analgésiques.
- La transmission d’informations claires et concrètes : expliquer la maladie, les objectifs de traitement, les médicaments prescrits, les signes d’alerte et les moments où il est nécessaire de consulter un médecin.
« Lorsque le patient comprend sa condition et s’implique activement dans sa prise en charge, les résultats sont significativement améliorés », affirme-t-elle.
Le rôle crucial des soins infirmiers en dialyse
Lorsque la maladie évolue et nécessite une dialyse, les soins infirmiers deviennent essentiels. « Notre travail est complet : nous réalisons une évaluation clinique avant, pendant et après chaque séance, nous surveillons l’accès vasculaire, nous prévenons les complications et les infections, nous adaptons le plan de soins et nous informons constamment le patient et sa famille », détaille l’universitaire de l’UNAB.
Ce soutien inclut des conseils sur le régime alimentaire, la gestion des liquides, la prise de médicaments, l’accès aux soins et la préparation à une éventuelle greffe. « Il s’agit d’un rôle de soutien clinique, éducatif et émotionnel très étroit », ajoute-t-elle.
Comment prendre soin de ses reins ?
Meline Torreblanca recommande quelques mesures simples qui peuvent faire une réelle différence :
- Contrôler sa tension artérielle et sa glycémie.
- Maintenir un poids santé grâce à une alimentation équilibrée et à une activité physique régulière, et en réduisant sa consommation de sel.
- Éviter l’automédication, en particulier avec des anti-inflammatoires non stéroïdiens.
- Ne pas fumer.
- Effectuer les examens de dépistage recommandés si vous souffrez de diabète, d’hypertension, si vous avez plus de 60 ans ou si vous avez des antécédents familiaux de maladie rénale.
- Consulter un médecin en cas d’apparition de gonflements des jambes, de changements dans les urines ou de fatigue intense inexpliquée.
« Les reins sont des organes vitaux et silencieux. Prendre soin d’eux est un investissement dans sa santé et sa qualité de vie », conclut Meline Torreblanca.
Face à l’augmentation constante des maladies rénales chroniques, il est impératif de renforcer la prévention et d’améliorer le diagnostic précoce dans les soins primaires. Promouvoir des habitudes de vie saines, contrôler les maladies sous-jacentes et garantir l’accès à des tests simples mais essentiels peuvent changer la donne dans la prise en charge de cette pathologie silencieuse, mais aux conséquences profondes.