Publié le 2025-10-31 13:27:00. La disgrâce du prince Andrew a atteint son point culminant ce jeudi avec le retrait officiel de son titre royal par son frère, le roi Charles III. Cette mesure inédite depuis 1915 le ramène au statut de simple citoyen, marquant la fin de sa carrière publique et de ses privilèges.
- Le prince Andrew, autrefois duc d’York, est désormais « Andrew Mountbatten-Windsor ».
- Son titre de prince et l’usage de « Son Altesse Royale » lui ont été retirés par décision immédiate du souverain.
- Cet événement fait écho à un précédent datant de 1915, lorsqu’un membre de la famille royale fut déchu de ses honneurs.
La déchéance du prince Andrew, initiée en 2019 par son retrait de la vie publique, est désormais complète. Fils préféré d’Elizabeth II, il avait déjà renoncé à ses engagements officiels et perdu ses titres de duc d’York et de chevalier de la Jarretière moins de deux semaines avant cette ultime sanction. La décision du roi Charles III, bien que semblant aller à l’encontre des lettres patentes de 1917 qui accordent le titre de prince à tout descendant direct d’un souverain britannique, est d’effet immédiat. Un mandat royal a été transmis au ministre de la Justice britannique pour officialiser cette mesure radicale.
Ce déshonneur suprême était annoncé par plusieurs signes avant-coureurs. La semaine dernière, la bannière du prince Andrew a été décrochée de la chapelle St George à Windsor, une procédure habituellement réservée aux cas de trahison ou de soulèvement armé contre la Couronne. Si Andrew n’a pas été coupable de tels actes, son parcours rappelle celui d’Ernest Augustus, duc de Cumberland et de Teviotdale, dernier membre de la famille royale à avoir subi un sort similaire.
Trahison et accusations de pédocriminalité
Selon la BBC, la dernière fois qu’un souverain britannique a dû prendre une décision aussi drastique remonte à 1915. À l’époque, la famille royale portait encore le nom de Saxe-Cobourg Gotha. Alors que la Première Guerre mondiale faisait rage, Ernest Augustus, arrière-petit-fils de George III, avait choisi de soutenir l’Allemagne. Le roi George V avait alors considéré que le duc avait pris les armes contre son pays, entraînant la perte de son statut d’Altesse britannique.
Contrairement à un acte de trahison militaire, les accusations pesant sur le prince Andrew relèvent de soupçons de crimes qui, du point de vue législatif, devraient rester impunis. Ami de longue date du milliardaire Jeffrey Epstein, l’ancien prince n’a jamais exprimé le moindre regret après l’arrestation d’Epstein en 2019 pour des accusations de trafic sexuel impliquant des mineurs. Dès 2008, les premières accusations planaient sur l’homme d’affaires américain. En 2015, Virginia Giuffre avait publiquement témoigné de son passé d’esclave sexuelle aux côtés du milliardaire, affirmant avoir été « offerte » au prince Andrew alors qu’elle n’avait que 17 ans.
Malgré ses dénégations persistantes, toutes les tentatives du père des princesses Beatrice et Eugenie pour prouver son innocence ont échoué. Son principal alibi, selon lequel il ne transpire pas et aurait passé la soirée du prétendu premier viol à manger une pizza avec sa fille aînée, n’a pas convaincu. Dans le communiqué annonçant la déchéance de son frère, Charles III a marqué sa position sans ambiguïté : « Leurs Majestés tiennent à préciser que leurs pensées et leur profonde compassion ont été, et resteront, avec les victimes et les survivants de toutes formes d’abus. »