Publié le 05 octobre 2025 – 11:32. Les principaux pays producteurs de pétrole, menés par la Russie et l’Arabie saoudite, se réunissent dimanche en visioconférence. La question d’une augmentation de la production est au cœur des discussions, alors que les prix du baril connaissent une tendance à la baisse.
La coalition « OPEP Plus », qui réunit huit pays, pourrait annoncer une hausse de sa production de pétrole ce dimanche. Cette réunion intervient dans un contexte de flottement des cours du brut, qui devraient clôturer la semaine en territoire négatif, alimentés par les spéculations sur une éventuelle augmentation de l’offre pouvant atteindre 500 000 barils par jour.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), dont l’OPEP Plus est une composante élargie, a d’ailleurs fermement dénoncé mardi des « rapports médiatiques absolument inexacts et trompeurs ». L’organisation a appelé, dans un communiqué, à « garantir l’exactitude […] afin d’éviter de provoquer » des mouvements spéculatifs sur les marchés.
Les experts divergeaient sur l’ampleur de la production attendue. Certains tablaient sur une augmentation de 137 000 barils par jour dès le mois de novembre, simulant les hausses déjà observées en octobre. Cependant, Barbara Lambricht, analyste chez Kommerzbank, a mis en garde contre un « brouillard persistant », rappelant que le groupe avait « fréquemment surpris les marchés avec des hausses rapides récemment ».
Depuis avril dernier, le groupe des huit, qui comprend l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Kazakhstan, l’Algérie et l’Oman, a collectivement augmenté sa production de 2,5 millions de barils par jour. Ce rythme de hausse s’est accéléré, marquant un changement stratégique par rapport au début de l’année, où l’objectif principal était de soutenir les prix par des réductions de production.
Cette stratégie évolue désormais dans un but de reconquête de parts de marché. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) note dans son dernier rapport mensuel que la production de pays tels que les États-Unis, le Brésil, le Canada, le Guyana et l’Argentine atteint ses plus hauts niveaux, accentuant la concurrence.
Malgré cette intensification de l’offre, les prévisions de la demande mondiale de brut restent globalement solides. L’AIE anticipe une croissance d’environ 700 000 barils par jour pour 2025 et 2026. L’OPEP se montre plus optimiste, tablant sur une hausse de la demande de 1,3 million de barils par jour en 2025 et de 1,4 million en 2026.
Tamas Varga, analyste chez PVM Oil Associates, souligne néanmoins que les signes d’un « excédent prolongé » pèsent lourdement sur les marchés. La perspective d’une augmentation significative de l’offre a déjà fait chuter le prix du baril de Brent sous les 65 dollars, enregistrant une perte d’environ 8 % sur la semaine.
Dans ce contexte, la Russie, deuxième producteur de l’OPEP Plus derrière l’Arabie saoudite, pourrait se montrer réticente à toute augmentation substantielle de ses quotas. George Lyon, analyste chez Redburn Energy, explique que la Russie « dépend de prix élevés pour financer sa machine de guerre », et que les sanctions occidentales limitent sa marge de manœuvre pour accroître sa production, contrairement à Riyad.
Humayon Falakshahi, de Kepler, a précisé à l’AFP que la Russie, dont la production s’établit actuellement à environ 9,25 millions de barils par jour, disposait d’une « capacité de production totale de 9,45 millions de barils par jour », bien en deçà des 10 millions de barils avant le conflit.
De plus, les attaques ukrainiennes contre les raffineries russes, intensifiées depuis août, obligent Moscou à augmenter ses exportations de brut à un moment où le pétrole ne peut être utilisé localement. Cette situation rend la Russie « encore plus dépendante de la vente de son pétrole à l’étranger », selon Arney Lahman Rasmussen, de Global Risk Management.