Publié le 14 octobre 2025. Une étudiante en médecine du Bengale-Occidental a livré un témoignage poignant de l’agression sexuelle collective dont elle a été victime près de son établissement. L’affaire, qui a déclenché une vive indignation, met à nouveau en lumière les enjeux de sécurité des femmes dans la région.
- L’étudiante a décrit comment elle a été entraînée de force dans une forêt voisine.
- Les agresseurs lui ont volé son téléphone et l’ont contrainte à appeler un ami, menaçant de la faire taire si elle criait.
- Cinq hommes ont été arrêtés, dont un ancien agent de sécurité de l’établissement.
Les faits se sont déroulés vendredi soir, aux abords d’un collège privé de Durgapur, dans le Bengale-Occidental. Alors qu’elle sortait dîner avec un ami, la jeune femme de 23 ans, originaire de l’Odisha, a été interceptée par un groupe d’individus. Elle a relaté avoir tenté de fuir vers une forêt située à proximité, mais a été rattrapée et traînée à l’intérieur par ses agresseurs.
Devant le médecin qui la prenait en charge, la victime a détaillé la manière dont les hommes l’ont maîtrisée. « Ils m’ont attrapée par derrière, ont pris mon téléphone et m’ont dit d’appeler mon ami. Comme il n’est pas venu, ils m’ont forcé à m’allonger. Quand j’ai crié, ils m’ont dit que si je faisais du bruit, ils appelleraient plus d’hommes et ils le feraient aussi. Alors laissez-moi faire », a-t-elle confié.
Parmi les cinq hommes interpellés, figurent un ancien agent de sécurité du collège, un employé d’hôpital, un contractuel de la municipalité locale et un individu sans emploi. La police du Bengale-Occidental prévoit une reconstitution des faits sur les lieux du crime, une zone boisée adjacente au terrain de crémation de Paranaganj Kali Bari, près du campus. Cette démarche vise à corroborer la déposition de la victime et à établir la chronologie exacte des événements ayant mené à l’agression.
Cet incident a suscité une vague d’émotion et a rapidement pris une tournure politique. Le père de la victime a comparé la situation actuelle au Bengale au « règne d’Aurangzeb », exprimant sa profonde inquiétude pour la sécurité de sa fille. Le gouverneur CV Ananda Bose a, quant à lui, appelé à une « seconde renaissance » pour garantir la protection des femmes.
« Elle (la Ministre en chef) est aussi une femme. Comment peut-elle (Mamata Banerjee) dire une chose aussi irresponsable ? Les femmes devraient-elles quitter leur emploi et rester à la maison ? Il semble que le Bengale soit sous le règne d’Aurangzeb. Je veux ramener ma fille à Odisha. Sa vie passe avant tout, sa carrière plus tard. »
Le père de la survivante
Ces déclarations interviennent dans un contexte de colère nationale croissante, exacerbée par une précédente remarque de Mamata Banerjee, suggérant que « les étudiantes ne devraient pas sortir tard le soir ».