Publié le 2025-10-11 11:49:00. Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a fermement refusé l’offre du gouvernement américain visant à conditionner le financement des universités d’élite à leur alignement sur des directives politiques. Cette position marque une première réponse ferme à une démarche initiée début octobre par le président Donald Trump.
- Le MIT rejette une proposition gouvernementale imposant des conditions jugées incompatibles avec la liberté d’expression et l’indépendance institutionnelle.
- L’université affirme que le financement de la recherche scientifique doit reposer exclusivement sur le mérite, refusant de se plier à des exigences politiques.
- Cette décision intervient dans un contexte de pressions accrues du gouvernement américain sur les institutions académiques, notamment concernant les admissions et la promotion d’un environnement académique favorable aux idées conservatrices.
Dans une lettre adressée à la secrétaire à l’Éducation, Linda McMahon, la présidente du MIT, Sally Kornbluth, a explicitement déclaré que la proposition gouvernementale contenait « des principes avec lesquels nous ne sommes pas d’accord, y compris ceux qui limiteraient la liberté d’expression et notre indépendance en tant qu’institution ». Elle a précisé que ces exigences étaient « incompatibles avec notre conviction fondamentale selon laquelle le financement de la science devrait être basé uniquement sur le mérite scientifique ».
Les réglementations gouvernementales en question exigent notamment des universités d’élite qu’elles renoncent à prendre en compte le sexe ou l’origine ethnique dans les critères d’admission des étudiants. De plus, les établissements sont appelés à s’engager à créer un « environnement académique convivial pour les ‘idées conservatrices’ », sous peine de conversion ou d’abolition pour ceux qui seraient accusés de « punir ou dénigrer spécifiquement les idées conservatrices ou même déclencher la violence à leur encontre ».
Trump sévit contre la science depuis des mois
Le gouvernement américain avait auparavant fait des propositions similaires à plusieurs autres institutions prestigieuses, dont l’Université d’Arizona, l’Université de Pennsylvanie, l’Université de Californie du Sud, l’Université du Texas, l’Université de Virginie, l’Université Brown, le Dartmouth College et l’Université Vanderbilt. Le MIT est cependant la première université à communiquer publiquement son refus.
Sous l’administration Trump, la pression sur les institutions scientifiques s’est considérablement intensifiée ces derniers mois. Plusieurs universités ont été accusées d’une orientation trop libérale et de mesures jugées insuffisantes face à l’antisémitisme, entraînant le retrait de financements fédéraux. C’est le cas notamment de l’Université Harvard, qui a vu le gel de subventions fédérales d’une valeur de plus de deux milliards de dollars américains (environ 1,7 milliard d’euros). Après avoir engagé une procédure judiciaire, l’université avait toutefois obtenu début septembre la restitution de ces subventions par un juge fédéral.