Le Japon ajuste sa politique monétaire : un pas vers la normalisation, mais des incertitudes persistent
Après les décisions récentes de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de la Banque Centrale Européenne (BCE), l’attention se tourne désormais vers la Banque du Japon (BoJ). Si la BoJ a, comme attendu, maintenu ses taux d’intérêt directeurs inchangés, d’autres annonces ont semé un certain étonnement, notamment le plan de réduction progressive de ses actifs, laissant planer des interrogations, particulièrement face au dollar américain.
Des signaux contradictoires et un pari sur l’emploi américain
Malgré le statu quo sur les taux, deux membres du conseil de la BoJ, Hajime Takata et Naoki Tamura, se sont prononcés en faveur d’une hausse de 0,25 point de pourcentage. Ce vote divergent, couplé à un discours qualifié de légèrement « faucon » par Asahi Noguchi, ouvre la voie à une potentielle augmentation des taux lors de la prochaine réunion en octobre. Cependant, l’impact sur le yen a été limité, le gouverneur de la BoJ, Kazuo Ueda, ayant tenu à souligner plusieurs risques pesant sur l’économie japonaise. Ces mises en garde ont atténué la portée des signaux hawkish, tempérant ainsi l’enthousiasme du marché.
Sur le front politique, l’avenir du yen pourrait également être influencé par les prochaines élections à la présidence du Parti Libéral-Démocrate (PLD), au pouvoir. Sanae Takaichi, ancienne dirigeante favorable à une politique monétaire plus souple, est actuellement devancée par le plus conservateur Shinjiro Koizumi. Une victoire de ce dernier pourrait potentiellement soutenir un renforcement du yen.
Une normalisation lente et une stratégie de désendettement
Pour gérer son important bilan, la BoJ a annoncé son intention de réduire ses actifs en Fonds Négociés en Bourse (FNB) et en fonds d’investissement immobilier (REIT) d’environ 335 milliards de yens par an. Ce rythme de désendettement, s’il est maintenu, impliquerait qu’il faudra près de 100 ans pour liquider complètement ces actifs, une approche visant à éviter toute perturbation majeure sur les marchés.
Parallèlement, l’ensemble des marchés financiers retient son souffle en attendant les données de l’emploi américain, dont la publication est prévue le premier vendredi d’octobre. Ces chiffres pourraient avoir une incidence significative sur la prochaine décision de politique monétaire de la Fed. Pour la banque centrale américaine, le marché du travail reste la priorité. Dans l’hypothèse où l’économie des États-Unis parviendrait à éviter un ralentissement marqué, la Fed pourrait envisager un assouplissement de sa politique monétaire, potentiellement dès sa prochaine réunion.
Les attentes du marché pour les données de l’emploi de vendredi prochain sont les suivantes :
* [Préciser ici les chiffres attendus si la source les mentionnait explicitement. Sinon, omettre cette partie.]
USD/JPY : une tendance haussière sous surveillance
La paire de devises USD/JPY évolue actuellement dans un large triangle ascendant, conservant un potentiel de progression. Le niveau clé à surveiller est celui des 151 yens pour un dollar américain. Une cassure au-dessus de cette résistance pourrait ouvrir la voie à de nouveaux gains.
Cependant, ce scénario haussier serait remis en question si le cours de l’USD/JPY venait à chuter sous les 145 yens pour un dollar. Cela pourrait se produire si la Banque du Japon adoptait des signaux plus résolument « faucons » dans les jours ou semaines à venir.