Publié le 18 février 2026 21:01:00. La vente des activités chiliennes de Telefónica à NJJ Holdings et Millicom, propriétaire de la marque Tigo, soulève des interrogations sur l’avenir de l’opérateur Movistar au Chili, bien que Millicom privilégie une amélioration progressive avant d’envisager un changement de marque.
- Telefónica a confirmé la vente de ses opérations au Chili aux sociétés NJJ Holdings et Millicom.
- Millicom ne prévoit pas de remplacer immédiatement la marque Movistar par Tigo, mais plutôt d’investir dans l’amélioration du réseau et des services.
- L’entreprise chilienne présente une dette nette de 479 millions d’euros (environ 620 millions de dollars américains) mais dispose d’un personnel qualifié et d’une position solide sur le marché.
Le paysage des télécommunications chilien est en pleine mutation. Telefónica, l’opérateur historique, s’apprête à quitter le pays après avoir conclu un accord de vente de ses activités avec les sociétés françaises NJJ Holdings et Millicom. Cette dernière est notamment connue pour sa marque Tigo, très présente en Amérique latine. La question qui brûle toutes les lèvres est de savoir si Movistar, l’emblématique marque chilienne de Telefónica, continuera d’exister ou sera absorbée par Tigo.
Si Telefónica poursuit sa stratégie de désinvestissement en Amérique latine, la marque Movistar conserve une valeur importante au Chili. Cependant, la durée de cette pérennité reste incertaine. Des sources proches du dossier, consultées par BioBioChile, indiquaient qu’aucun changement n’était prévu à court terme. Le PDG de Millicom, Marcelo Benítez, a récemment apporté un éclairage supplémentaire sur les perspectives d’avenir de Movistar.
Lors d’une interview accordée au Journal Financier, Marcelo Benítez a précisé que la priorité de Millicom n’est pas de substituer immédiatement Tigo à Movistar. Le plan initial consiste à renforcer l’infrastructure réseau, à étendre la couverture géographique et à optimiser l’efficacité des canaux de distribution, afin d’améliorer significativement l’offre de services.
« Quand ces améliorations seront en place, alors nous pourrons envisager un changement de marque… Il n’y a pas d’urgence, non. »
Marcelo Benítez, PDG de Millicom
Telefónica a déclaré aux autorités de régulation espagnoles que sa filiale chilienne affichait une dette nette de 479 millions d’euros (environ 620 millions de dollars américains) au 31 décembre dernier. Marcelo Benítez a reconnu l’existence de « sérieux problèmes de trésorerie », tout en soulignant la qualité des ressources humaines et le talent présent au sein de l’entreprise, ainsi que sa position de numéro deux sur le marché de la téléphonie mobile et de la téléphonie fixe.
La stratégie de Millicom repose sur l’amélioration de la connectivité, la qualité du service et l’efficacité opérationnelle. Le modèle d’efficacité mis en œuvre par l’entreprise prendra environ 12 mois à se concrétiser, ce qui permettra de déterminer les investissements futurs. L’actionnaire principal de Millicom affiche une vision à long terme pour la région, privilégiant l’expansion et la pérennité.
Marcelo Benítez a également exprimé l’ambition de Millicom de générer des bénéfices dès cette année, avec un objectif de « Tigo bleu », tout en confirmant la vente du bâtiment Telefónica.
L’arrivée de Millicom sur le marché chilien a eu un impact immédiat sur le cours de l’action Entel, qui a chuté de près de 18 %. Millicom se positionne comme un concurrent majeur d’América Móvil, la société mexicaine de Carlos Slim, qui contrôle ClaroVTR au Chili. Millicom a d’ailleurs été le principal bénéficiaire du retrait de Telefónica de la région, acquérant la quasi-totalité de ses activités dans les pays concernés.
Dans ce contexte concurrentiel, Marcelo Benítez a souligné que Millicom est déjà en concurrence avec Claro dans la plupart des pays où elle opère, et avec WOM en Colombie, sans que cela n’ait eu d’effets négatifs significatifs. Interrogé sur la possibilité d’une « guerre des prix », il a catégoriquement exclu cette option.
« Nous ne sommes pas ici pour nous positionner sur une stratégie de prix ou pour provoquer une guerre des prix. »
Marcelo Benítez, PDG de Millicom