Publié le 15 février 2026 à 10h58. Un jet privé immatriculé à Genève a refait surface en Russie, soulevant des questions sur le respect des sanctions internationales. L’appareil, initialement vendu par une entreprise suisse, appartenait auparavant au géant horloger Rolex.
- Un jet privé en provenance de Genève est désormais la propriété d’une compagnie aérienne russe, North West Air Company.
- L’appareil, un Bombardier Global 6000 d’une valeur d’environ 30 millions d’euros, avait été vendu à Oman en décembre 2025.
- Le gouvernement fédéral suisse affirme qu’aucune sanction n’a été enfreinte, mais l’Office fédéral de l’aviation civile (Bazl) reconnaît n’avoir effectué aucun contrôle supplémentaire.
L’histoire de ce jet privé suscite l’interrogation. Initialement utilisé par Rolex à partir de 2017 sous l’identification HB-JFX, l’appareil a été vendu en 2023 à une entreprise du canton de Nidwald, Swiss Private Jet. Une première vente vers Oman avait été enregistrée le 30 décembre 2025, avec une radiation du registre suisse, comme le rapporte le Tribune de Genève.
Cependant, le 16 janvier 2026, l’appareil a réapparu sur les plateformes de suivi des vols, non seulement avec son identification habituelle, mais également avec un nouveau code de transpondeur russe. Selon Flightradar24, le jet est resté à Mascate, capitale d’Oman, avant de changer de propriétaire. Il appartient désormais à la compagnie russe North West Air Company.
Swiss Private Jet se défend en affirmant que la transaction a été négociée par un agent et une banque américains, qui ont garanti sa légalité. Le PDG de l’entreprise a déclaré :
« La transaction a été négociée par un agent américain et une grande banque américaine, qui ont donné leur garantie quant à la légalité de la vente, et a été surveillée par les autorités aériennes et douanières suisses. »
L’entreprise précise également que le contrat de vente incluait une clause obligeant l’acheteur omanais à respecter les sanctions internationales, interdisant ainsi toute revente à la Russie. Swiss Private Jet indique avoir demandé à ses partenaires de signaler la situation aux autorités suisses et avoir ouvert une enquête interne.
L’Office fédéral de l’aviation civile (Bazl) confirme la radiation du registre suisse et l’exportation vers Oman, mais se montre laconique sur les contrôles effectués. Selon Bazl, « aucun contrôle supplémentaire » n’a été réalisé dans ce cas précis.
Les sanctions suisses contre la Russie, qui s’appliquent également au secteur aérien, contiennent une clause dite de non-réexportation, interdisant la revente de marchandises suisses vers les pays sanctionnés. En cas de violation, les personnes et entreprises impliquées pourraient être confrontées à des poursuites judiciaires, des amendes, voire des peines de prison et la révocation de permis importants.