Publié le 2025-11-06 12:22:00 GMT. Un nouveau mode opératoire des pirates, potentiellement lié à des groupes djihadistes, pourrait marquer le début d’une vague d’attaques au large des côtes somaliennes, selon des experts en sécurité maritime.
Un navire-citerne, le Hellas Aphrodite, aurait été détourné dans des eaux internationales au large de la Somalie. L’attaque, menée depuis un petit bateau s’apparentant à une annexe, aurait été facilitée par un plus grand navire de pêche repéré à proximité, agissant vraisemblablement comme « vaisseau-mère ». Cette tactique, permettant aux pirates d’opérer plus loin des côtes, suggère une approche stratégique.
Richard Meade, rédacteur en chef de Lloyd’s List, estime que cet incident pourrait n’être que le prélude à une série d’attaques. « S’ils parviennent à obtenir une rançon, nous en verrons inévitablement d’autres. Il s’agit, à ce stade, d’une opération de financement », a-t-il précisé.
Le Hellas Aphrodite transporte 24 membres d’équipage, majoritairement philippins, complétés par cinq Grecs et un Monténégrin. Aucune mesure de sécurité armée n’était en place à bord du navire au moment de l’attaque. Les identités des assaillants et leurs revendications restent pour l’heure inconnues.
Un rapport du Conseil de sécurité de l’ONU, publié plus tôt cette année, avait déjà évoqué la possibilité de liens entre les opérations de piraterie dans cette zone et Al-Shabab, une faction d’Al-Qaïda basée en Somalie. Selon l’ONU, Al-Shabab entretiendrait des relations « en développement » et « transactionnelles » avec les Houthis au Yémen. En échange d’armes et de formation, le groupe djihadiste somalien aurait accepté d’intensifier ses activités de piraterie dans le golfe d’Aden et au large des côtes de la Somalie.