Publié le 2025-10-17 03:03:00. La ville de Haarlem adopte une nouvelle limite de vitesse de 30 km/h dans une démarche visant à améliorer la sécurité routière, particulièrement pour les piétons et les cyclistes. Cette mesure, fruit de cinq années de préparation, remodèle progressivement le paysage urbain.
- La municipalité de Haarlem a introduit une limitation de vitesse à 30 km/h, considérant que 90 % des déplacements urbains s’effectuent à pied ou à vélo, contrastant avec la place réservée aux voitures.
- Le processus d’adaptation des rues, qui se fera au fil des rénovations, est graduel et vise à transformer l’environnement urbain au-delà de la simple pose de panneaux.
- Les réactions des habitants sont partagées, certains notant peu de changement dans le centre, tandis que d’autres reconnaissent les bénéfices potentiels pour une ville historique comme Haarlem.
Cela fait maintenant deux semaines que Haarlem navigue à une allure réduite, passant de 50 km/h à 30 km/h sur la plupart de ses axes. Cette transition, planifiée depuis cinq ans, vise à rendre la ville plus sûre pour ses résidents les plus vulnérables : les piétons et les cyclistes. « Nous y travaillons depuis cinq ans », explique le conseiller Bas van Leeuwen. « Environ 90 % de tous les déplacements en ville se font à vélo ou à pied, tandis que 50 % de la rue est réservée aux voitures en stationnement et en mouvement. » L’objectif est clair : rééquilibrer l’espace public en faveur des mobilités douces.
L’adaptation ne se limitera pas à l’installation de panneaux. La municipalité prévoit une refonte progressive des infrastructures urbaines. Selon M. van Leeuwen, cette transformation sera intégrée aux chantiers de rénovation et d’entretien des voies. « Si nous devons faire de l’entretien, nous ajusterons cette route. Cela prendra un certain temps. Si une rue est encore en bon état, vous n’allez pas simplement la démolir. » Ce calendrier étalé dans le temps permettra une adaptation plus durable et moins coûteuse, sans perturber outre mesure la circulation existante.
Au cœur de la ville et dans les quartiers périphériques, les avis divergent. Certains commerçants constatent peu de différence, notamment dans le centre animé. « Il y a encore beaucoup de conducteurs et de klaxons », rapporte une employée d’une sandwicherie. Elle note que les bus et les « fatbikes » peinent parfois à maintenir la nouvelle allure. Sur les axes plus larges, la limitation à 30 km/h peut sembler particulièrement lente, selon un habitant. Cependant, nombreux sont ceux qui saluent cette mesure. « Haarlem est une vieille ville avec toutes sortes de petites rues, on ne peut pas la traverser en voiture à 50 km/h », souligne un autre résident. Malgré une période d’adaptation nécessaire, la ville semble s’engager vers un environnement urbain plus calme et plus sûr.
Pour assurer le respect de cette nouvelle norme, la ville mise sur une combinaison de facteurs, tant comportementaux que technologiques. Le conseiller van Leeuwen cite l’exemple d’autres villes européennes où les limitations de vitesse sont généralement bien observées. « Dans d’autres villes comme Bruxelles, Helsinki et Amsterdam, les gens respectent souvent naturellement les limitations de vitesse », observe-t-il. À cela s’ajoutent les avancées technologiques : les systèmes d’alerte de vitesse intégrés aux véhicules modernes et les « panneaux souriants » (affichages de vitesse) qui sensibilisent les conducteurs à leur allure. Des discussions sont également en cours avec le ministère public concernant l’installation potentielle de radars dans les zones les plus problématiques, une mesure qui dépend de leur décision.
L’objectif principal de cette politique est la réduction des accidents impliquant des véhicules et des usagers vulnérables. Les expériences menées dans d’autres municipalités vont dans ce sens. « Ce qui est particulièrement important, c’est que l’intensité de l’accident diminue. Les blessures et l’accident seront beaucoup moins graves », explique M. van Leeuwen. Il estime cependant qu’il faudra entre deux et trois ans pour disposer de chiffres précis quant à la diminution effective des accidents à Haarlem.
Haarlem n’est pas pionnière en matière de limitation à 30 km/h. Des villes comme Bruxelles, Helsinki et Amsterdam ont déjà franchi le pas. En Hollande-Septentrionale, des localités comme Alkmaar et Bergen aan Zee expérimentent également cette vitesse maximale. Le conseiller espère que cette tendance continuera de se propager. « J’espère que de plus en plus de gens s’habitueront à ce changement », conclut-il. « Que les personnes critiques accorderont également les 20 à 30 secondes pendant lesquelles vous êtes désormais plus lents à tous les cyclistes et marcheurs qui se sentent désormais beaucoup plus en sécurité. » Pour l’heure, aucune nouvelle mesure de réduction de vitesse n’est prévue à court terme à Haarlem, mais l’évolution vers une ville plus apaisée semble engagée.