Publié le 10 février 2026. Un village slovaque classé au patrimoine mondial de l’UNESCO est au bord de la crise, ses habitants se sentant submergés par le tourisme de masse et étouffés par les contraintes imposées par le statut de l’organisation.
- Le village de Vlkolínec, en Slovaquie, est confronté à un afflux massif de touristes, atteignant jusqu’à 100 000 visiteurs par an.
- Les habitants se plaignent du chaos engendré par ce tourisme et demandent la révocation du titre de patrimoine mondial de l’UNESCO.
- Le statut UNESCO impose des restrictions sévères aux habitants, limitant leur liberté de rénover leurs maisons ou d’exercer des activités agricoles traditionnelles.
Vlkolínec, un village de montagne pittoresque en Slovaquie, est devenu le théâtre d’une lutte entre la préservation du patrimoine et la qualité de vie de ses habitants. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1993, le village a vu sa renommée internationale exploser, attirant un nombre croissant de touristes chaque année. Mais cette affluence massive, loin de se traduire par un bénéfice pour la communauté locale, est désormais perçue comme une menace.
Selon les témoignages recueillis par le journal slovaque « SP 21 Žilina », les habitants de Vlkolínec se sentent transformés en pièces de musée, observés et piétinés par des foules de visiteurs. Ils dénoncent un tourisme incontrôlé qui perturbe leur quotidien et les empêche de vivre normalement. Les visiteurs, parfois plus de 100 000 par an, ne se contentent pas d’admirer les maisons en bois traditionnelles, mais empiètent sur la propriété privée, foulent aux pieds les jardins et scrutent l’intérieur des habitations.
Le statut de l’UNESCO, censé protéger les 43 maisons en bois colorées du village, dont certaines datent du Moyen Âge, a eu l’effet inverse, selon les habitants. Comme le rapporte le Mirror, un villageois a déclaré :
« Ce prétendu honneur n’est pas seulement devenu un fardeau, mais un cauchemar vivant. »
Le titre, initialement destiné à préserver le village, est aujourd’hui perçu comme un facteur d’extinction.
Les contraintes imposées par l’UNESCO sont particulièrement pesantes. Les habitants ne peuvent ni élever du bétail, ni cultiver la terre, ni effectuer de simples réparations à leur maison sans autorisation préalable.
« Il est incroyable que chaque clou, chaque planche de parquet et chaque tuile doive désormais être approuvé »,
s’indigne un villageois.
Autrefois peuplé de 27 habitants issus de sept familles, Vlkolínec ne compte plus aujourd’hui que 14 habitants répartis dans quatre familles. De nombreuses maisons traditionnelles sont désormais vides ou transformées en locations de vacances. La ville de Ružomberok, à laquelle appartient Vlkolínec, n’a pas encore reçu de demande officielle pour retirer le titre UNESCO, mais elle reconnaît la nécessité d’agir. Des aides financières à la rénovation et des subventions sont prévues pour compenser les désagréments causés par le tourisme. Une limitation du nombre quotidien de visiteurs est également envisagée.
Avez-vous déjà entendu parler de Vlkolínec ou y êtes-vous déjà allé ?