Publié le 2025-10-19 18:47:00. Huit joyaux d’une valeur « inestimable » ont été dérobés ce dimanche matin au Musée du Louvre lors d’un cambriolage audacieux. Les autorités ont réagi en ordonnant la fermeture du musée pour 24 heures afin de mener l’enquête sur cette opération menée par une équipe professionnelle.
- Huit pièces de la collection des joyaux de la Couronne de France, d’une valeur patrimoniale et historique qualifiée d’« inestimable », ont été volées.
- Le cambriolage, d’une rapidité déconcertante, a duré seulement sept minutes et a été réalisé par des individus apparemment expérimentés.
- Une partie du butin, la couronne de l’impératrice Eugénie, a été retrouvée brisée à l’extérieur du musée.
Le drame s’est noué dimanche matin, aux alentours de 9h30, peu après l’ouverture du célèbre musée parisien au public. Les malfaiteurs ont ciblé la galerie d’Apollon, écrin des trésors de la Couronne française. Selon les premières constatations, leur mode opératoire a été d’une grande efficacité : ils auraient utilisé une plateforme élévatrice montée sur un camion pour forcer une fenêtre et accéder aux précieuses collections.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a qualifié l’événement de « vol important ». Il a précisé que trois à quatre suspects sont activement recherchés. La ministre de la Culture, Rachida Dati, a quant à elle souligné la « valeur inestimable » des pièces dérobées, appartenant à la collection de la Couronne de France. Un communiqué du ministère de la Culture a détaillé la liste des huit objets dérobés : un diadème et un collier de saphirs, ainsi que des boucles d’oreilles saphir, tous issus des trousseaux des reines Marie-Amélie et Hortense. Ont également été dérobés un collier et des boucles d’oreilles émeraudes du trousseau de Marie-Louise, une broche dite « broche reliquaire », le diadème de l’impératrice Eugénie et une broche en forme de nœud de corsage de cette même impératrice.
Plusieurs heures après les faits, la couronne de l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, a été retrouvée à l’extérieur du musée, apparemment endommagée et non pas brisée, contrairement aux premières informations. Le ministre de la Culture a précisé que les voleurs l’auraient perdue lors de leur fuite, qualifiée d’« immuable » par un témoin. Le ministre de l’Intérieur a ajouté qu’il était possible que certains des cambrioleurs soient d’origine étrangère, alimentant les spéculations sur une possible opération aux motivations politiques.
La galerie d’Apollon, vaste salle aux voûtes dorées, est mondialement reconnue pour abriter les joyaux de la Couronne de France depuis 1887. Parmi les pièces emblématiques qui y sont exposées figurent le diamant Régent, la couronne de Louis XV et la spectaculaire couronne de l’impératrice Eugénie. Des images diffusées par BFMTV ont montré l’un des voleurs en pleine action, brisant une vitrine, vêtu d’un gilet siglé aux couleurs de la mairie de Paris.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour vol organisé et association de malfaiteurs, confiée à la Brigade de répression du banditisme (BRB) en collaboration avec l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC). La direction du Louvre a confirmé que le musée resterait fermé pour la journée de dimanche pour « raisons exceptionnelles et de sécurité », promettant le remboursement des réservations annulées. Le ministre de l’Intérieur a indiqué que toutes les mesures étaient prises pour retrouver le butin.
Cette affaire soulève des questions sur les dispositifs de sécurité du musée. Didier Rykner, spécialiste du Louvre et directeur de la revue « La Tribune de l’Art », a indiqué que l’alarme de la fenêtre par laquelle les voleurs sont entrés n’aurait sonné qu’à leur départ. Des critiques avaient déjà été formulées concernant la vétusté des infrastructures du palais et la surpopulation, malgré les millions d’euros investis dans sa rénovation. Bruno Pomart, ancien du RAID, a souligné le caractère « militaire » et « professionnel » de l’opération, s’appuyant sur un timing « millimétré ».
Ce cambriolage s’inscrit dans un contexte de recrudescence de vols dans les institutions culturelles françaises. En septembre dernier, des objets précolombiens ont été dérobés au Muséum national d’histoire naturelle, pour un préjudice estimé à 600 000 euros. Un musée de Limoges a également été victime d’un vol d’une valeur de 6,5 millions d’euros le même mois. Le Louvre lui-même a connu par le passé des vols retentissants, notamment celui de la Joconde en 1911.
L’histoire des joyaux de la Couronne de France est aussi marquée par des vols spectaculaires, comme celui de 1792, lorsque des malfaiteurs s’étaient emparés de ces trésors accumulés depuis le XVIe siècle. Parmi les pièces les plus célèbres volées à l’époque figuraient le diamant Régent et le diamant Sancy.