Publié le 24 février 2026. Trois entreprises chinoises d’intelligence artificielle sont accusées par Anthropic d’avoir illégalement copié les capacités de son modèle de langage Claude, soulevant des questions sur la propriété intellectuelle et la sécurité des IA.
- Anthropic accuse DeepSeek, Moonshot AI et MiniMax d’avoir créé plus de 24 000 faux comptes pour interagir avec Claude.
- Ces entreprises auraient utilisé une technique appelée « distillation » pour entraîner leurs propres modèles à partir des réponses de Claude.
- Anthropic met en garde contre les risques de sécurité liés à ces modèles copiés, qui pourraient ne pas disposer des mêmes protections contre les utilisations malveillantes.
Selon Anthropic, les sociétés chinoises DeepSeek, Minimax et Moonshot AI ont mis en œuvre une stratégie sophistiquée pour acquérir les compétences de Claude, son assistant IA de pointe. Elles auraient créé plus de 24 000 faux comptes d’utilisateurs et engagé plus de 16 millions de conversations avec Claude dans le but de reproduire ses capacités pour leurs propres systèmes d’intelligence artificielle.
Jacob Klein, responsable de l’analyse des menaces chez Anthropic, a affirmé que l’entreprise était convaincue de l’ampleur de ces attaques : « Nous sommes très convaincus que ces entreprises ont mené des attaques à l’échelle industrielle. » Deepseek, Minimax et Moonshot AI n’ont pour l’instant pas commenté ces accusations.
La technique utilisée par ces entreprises, appelée « distillation », consiste à entraîner un modèle moins performant sur les résultats générés par un modèle plus puissant. Claude a été développé sur des années et a nécessité des investissements considérables. En posant un grand nombre de questions ciblées à Claude et en copiant ses réponses, les concurrents peuvent entraîner leurs propres IA à moindre coût et en moins de temps. Ali Ghodsi, le PDG de Databricks, avait souligné en janvier 2025 que la distillation est extrêmement puissante, extrêmement bon marché et accessible à presque tout le monde.
Anthropic met en garde contre les dangers de ces modèles d’IA copiés, qui pourraient ne pas intégrer les mesures de sécurité nécessaires pour empêcher leur utilisation à des fins malveillantes, telles que des cyberattaques ou le développement d’armes biologiques. L’entreprise a déclaré dans un article de blog que cela pourrait permettre aux gouvernements autoritaires d’utiliser l’IA pour la désinformation, la surveillance de masse et d’autres activités néfastes.
Cependant, les accusations portées par Anthropic ont suscité des critiques. Elon Musk, le patron de xAI, a ironiquement commenté une publication d’Anthropic sur son réseau social, un message qui a recueilli plus de 13 000 mentions « j’aime » au 23 février 2026.
Ces critiques interviennent alors qu’Anthropic a elle-même été confrontée à des accusations de violation du droit d’auteur. En septembre 2025, l’entreprise a conclu un accord à l’amiable de 1,5 milliard de dollars après qu’un tribunal a estimé qu’elle avait téléchargé illégalement des millions de livres à partir de sites pirates. En décembre 2025, six auteurs supplémentaires ont déposé une nouvelle plainte contre Anthropic, selon Publishers Weekly.
Tory Green, cofondateur d’IO.Net, a également soulevé des questions sur les pratiques d’Anthropic, mais l’entreprise n’a pas encore répondu à ces contre-allégations.
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