Le gouvernement suédois a dévoilé les détails de sa nouvelle législation sur l’acquisition de la nationalité, suscitant de nombreuses interrogations parmi les candidats. Les conditions de résidence et de revenus seront considérablement renforcées, avec des délais d’attente plus longs et de nouvelles exigences financières.
À partir du 6 juin 2026, toutes les demandes de naturalisation seront soumises aux nouvelles règles, même celles déposées antérieurement. Cela signifie que les personnes ne remplissant pas les critères de résidence prolongée – désormais de huit ans en règle générale – verront leur dossier rejeté si celui-ci est examiné après cette date.
Le ministre de la Migration, Johan Forssell, a précisé que la durée de résidence exigée passera de cinq à huit ans, avec des exceptions pour certaines catégories de demandeurs. Les personnes apatrides devront résider en Suède pendant cinq ans (contre quatre actuellement), les réfugiés pendant sept ans (contre quatre), et les anciens citoyens suédois, les conjoints de citoyens suédois, ainsi que les jeunes adultes, également pendant sept ans (contre trois pour les partenaires de Suédois).
Une nouvelle condition d’autonomie financière sera également imposée : chaque demandeur devra justifier de revenus mensuels d’au moins 20 000 couronnes suédoises (environ 1 800 euros) avant impôts. Cette exigence s’appliquera individuellement, même si le revenu cumulé du foyer dépasse ce seuil.
Par ailleurs, des tests de citoyenneté seront mis en place progressivement. Les épreuves d’éducation civique sont prévues pour août 2026, suivies des tests de langue en octobre 2027. Le gouvernement n’a pas encore précisé si ces tests seront obligatoires dès l’entrée en vigueur de la loi, ou s’ils seront introduits ultérieurement.
Les frais de dossier, actuellement de 1 500 couronnes (environ 140 euros), pourraient augmenter pour atteindre 2 900 couronnes (environ 270 euros), mais cette proposition doit encore être confirmée.
Le projet de loi est actuellement soumis au Conseil de législation, qui examinera sa conformité juridique. Bien que le gouvernement puisse ignorer les recommandations de cet organisme consultatif, il dispose d’une majorité parlementaire avec les Démocrates suédois, ce qui rend peu probable une modification substantielle du texte avant son adoption finale.
Des exceptions seront maintenues pour les partenaires de citoyens suédois, comme c’est le cas dans le système actuel.